Le procès d'Elong Abé pour l'assassinat d'Yvan Colonna se confirme
La justice a confirmé le renvoi devant les assises de Franck Elong Abé, un détenu radicalisé, accusé d'avoir tué le militant corse Yvan Colonna en mars 2022. Ce procès, qui se déroulera à Paris, est lié à une entreprise terroriste, selon la décision rendue lundi.
Les faits remontent au 2 mars 2022, lorsque Yvan Colonna, en détention à la prison d'Arles pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, a été agressé. Il a finalement succombé à ses blessures le 21 mars 2022. Suite à cette tragédie, des manifestations massives ont eu lieu en Corse, témoignant de l'émotion suscitée par sa mort.
Camerounais de 39 ans, Franck Elong Abé avait contesté son renvoi devant la cour d'assises spéciale. Son avocat, Me Benoît David, a déclaré à l'AFP que la qualification d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste ne reflétait pas la réalité des faits.
Les juges d'instruction ont qualifié la violence de l'attaque comme étant extrême, affirmant que les coups portés par Elong Abé ont directement causé la mort de Colonna. Selon leurs conclusions, l'accusé a également exercé une pression sur le cou de la victime, confirmant ainsi ce que les juges appellent une "volonté de tuer".
Les avocats de la famille Colonna se sont exprimés, déclarant que la confirmation de renvoi est une étape normale, mais insistant sur le fait que des questions demeurent sans réponse. "De trop nombreuses zones d'ombre subsistent", ont-ils déclaré. Ils ajoutent que l'audience publique sera cruciale pour faire la lumière sur ces zones obscures que le juge a évité d'explorer.
Depuis novembre 2015, Elong Abé était classé comme détenu particulièrement signalé en raison de sa dangerosité. Lors de ses interrogatoires initiaux, il aurait affirmé que son acte était personnel et n'était pas commandité par un groupe, mais il a plus tard changé sa version en évoquant des agents de l'État.
Une commission d'enquête parlementaire a souligné dans son rapport de mai 2023 des défaillances sévères dans l'évaluation de la dangerosité d'Elong Abé et les conditions de détention de Colonna. Par ailleurs, l'État a été condamné en février 2025 à verser 75.000 euros aux héritiers de Colonna pour des manquements de l'administration pénitentiaire.







