Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d'une vigilance constante ce dimanche, en réponse à la montée de l'antisémitisme en France. Lors de la première journée nationale de commémoration rendant hommage à la reconnaissance de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, il a souligné l'importance de rappeler le courage de ceux qui ont sauvé des vies pendant l'Holocauste.
Le président a déclaré : "Face à ce retour inacceptable de l'antisémitisme, il est impératif que nous restions vigilants à tout moment." Cette déclaration a eu lieu à Paris, à l'occasion du 120ème anniversaire de la décision de la Cour de cassation réhabilitant Dreyfus, injustement condamné pour trahison.
Macron a proposé que chaque lieu ayant servi de refuge à des Juifs durant la période nazie affiche le nom des Justes qui les protégèrent. Il a encouragé toutes les municipalités de France à s'engager dans ce projet mémoriel.
Le chef de l'État a relié l'affaire Dreyfus, révélatrice de l'antisémitisme rampant à la fin du XIXème siècle, à des événements contemporains. "L'affaire Dreyfus n'est pas simplement une page tournante de notre histoire; c'est un rappel constant des dangers que représente l'intolérance", a-t-il affirmé.
"Les vieux démons de l'antisémitisme ne sont jamais totalement disparus de notre société", a ajouté Macron, soulignant l'importance de prolonger l'héritage des "dreyfusards", qui ont lutté pour la vérité et la justice.
Charles Dreyfus, arrière-petit-fils d'Alfred Dreyfus, a également exprimé sa tristesse face à la réémergence de l'antisémitisme. Il a évoqué le symbole fort d'une statue érigée en hommage au capitaine, désormais située devant la Cour de cassation.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé un changement de nom pour la place Maurice Barrès, un critique virulent de Dreyfus. Cette place portera dorénavant le nom de Lucie Dreyfus, l'épouse dévouée du capitaine, qui l'a soutenu tout au long de son combat pour la justice.







