Ce jeudi, une cinquantaine d'agriculteurs de Haute-Corse ont mené une action spectaculaire devant la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) à Bastia. Les tracteurs sont entrés dans l'enceinte de l'établissement, alternant entre le déversement de foin et de fumier sur le parvis, une démonstration de leur mécontentement face à un secteur qu'ils jugent "à l’abandon". La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) exigent un rendez-vous urgent avec le ministère et le déblocage immédiat des aides de la Politique Agricole Commune (PAC), actuellement bloquées et créant une tension palpable.
Lors de cette mobilisation, la frustration des agriculteurs a atteint un point culminant. Joseph Colombani, président de la FDSEA, a déclaré : « Plus ils tardent à nous donner une réponse, plus la colère monte ». Il souligne que la situation en Corse est bien plus grave qu’en métropole, ajoutant : « On en a marre de passer pour les dindons de la farce... Il y a une colère légitime ».
Le dispositif d’aide bloqué est dénoncé comme "explosif". Jean-François Sammarcelli, éleveur, témoigne qu'il attend 160 000 euros d’aides encore impayées, malgré des enquêtes ayant révélé l'absence d'escroquerie. Il parle d'une crise vécue par des familles, se sentant abandonnées et sans soutien autre que leur production personnelle.
Pour les JA, l’urgence est double : résoudre les dossiers impayés et avoir une réelle influence sur la future PAC. Fabien Lindori, porte-parole du mouvement, insiste : « On demande des réponses pour ceux qui sont dans la difficulté... La balle est dans leur camp ».
Face à un retard structurel flagrant, Colombani affirme que la Corse mérite d’être traitée avec dignité et que les agriculteurs ne se contenteront pas d'être perçus comme des assistés ou des fraudeurs. Il conclut en lançant un appel à l’unité : « Paris doit prendre en compte le fait corse. Toutes les filières en difficulté doivent se mobiliser avec nous ».







