Les enquêteurs scrutent minutieusement différentes pistes, principalement liées à la mafia, pour élucider l'assassinat d'Alain Orsoni, survenu le 12 janvier à Vero. Le dossier a été pris en charge par le Parquet national anticriminalité organisée, qui explore les implications de cet événement tragique.
Nous sommes en juillet 2016, au port de Propriano. Alain Orsoni, relaxé et tirant sur un cigare, ne se doute pas des tumultes à venir. Revenant tout juste de plusieurs années passées au Nicaragua, ce natif insulaire s'apprête à gérer le club de foot de l'AC Ajaccio (ACA). À cette époque, ni la mafia corse ni l'ombre de la violence ne semblent l'inquiéter. Les discussions tournent autour de l'avenir politique de l'île, un sujet qui le passionne.
Alain Orsoni, entre nationalisme et politique
Alain Orsoni se positionne comme un acteur clé du nationalisme corse, apportant ses conseils à Gilles Simeoni, figure montante du mouvement autonomiste. Près d'une décennie après cette rencontre, alors qu'il assiste à l'enterrement de sa mère, Alain Orsoni est abattu d'un tir meurtrier. Selon les enquêteurs, un tireur embusqué, armé et froidement efficace, l'a visé depuis une distance de 107 mètres, mettant fin aux jours du leader de 71 ans connu pour son rôle controversé dans la criminalité organisée.
Les soupçons se portent rapidement vers le "Petit Bar", un groupe de criminels qui a pris de l'ampleur à Ajaccio. Orsoni, chef du clan éponyme, avait fait face à plusieurs tentatives d'assassinat par le passé. Abordant les rivalités meurtrières, un rapport du Sirasco souligne l'affaiblissement du clan Orsoni et ses tentatives désespérées de s'allier à des criminels en prison.
Les ramifications d'une guerre fratricide
Parmi les nouvelles menaces, on trouve les "Africains", un groupe rival qui a émergé des cendres de la famille Codaccioni, connue pour son implication dans des affaires d'homicides. Les luttes de pouvoir internes entre diverses factions corses ont produit une vague de violence, tandis qu'Alain Orsoni lui-même reste une figure controversée, ayant suscité dissensions et rivalités au sein du nationalisme insulaire.
Un observateur de la scène criminelle corse affirme : "La vengeance ici est un plat qui se consomme très froid, parfois même gelé." Cette exécution met en lumière des conflits qui perdurent et jette une ombre sur l'avenir de la criminalité à l'île de Beauté.
En outre, des raisons plus terre-à-terre pourraient être à l'origine de cet acte brutal : la débâcle financière de l'ACA pourrait avoir entraîné une perte de confiance parmi des investisseurs, exacerbant les tensions. Les conditions de vente de terrains appartenant au club suscitent également l'attention des autorités judiciaires.
Le décès d'Alain Orsoni, dont le corps a été incinéré le 17 janvier, soulève de nombreuses interrogations sur les secrets et méandres d'une vie marquée par la dissidence et les conflits. Finalement, c'est un personnage complexe qui quitte la scène, laissant derrière lui une histoire riche, tumultueuse et souvent tragique.







