Maurice Lévy, le président d'honneur de Publicis, était en direct des hauteurs suisses du Forum économique mondial, le 22 janvier 2026. Invité par Jean-Paul Chapel, il a partagé son expertise sur la dynamique actuelle de Davos.
Jean-Paul Chapel : Bonjour Maurice. Vous assistez à Davos depuis plus de 30 ans. Quel est votre sentiment sur la présence des États-Unis cette année ?
Maurice Lévy : La présence est indéniablement massive. On peut sans hésiter parler d'un président qui impose sa volonté avec une force remarquable. Sa puissance est omniprésente et marquante.
Jean-Paul Chapel : Pensez-vous que cet événement contribue à améliorer le monde, comme le slogan original le suggérait ?
Maurice Lévy : L'objectif est d'"améliorer l'état du monde". Cependant, les contributions des leaders et des chefs d'État se heurtent souvent à la complexité des enjeux mondiaux. Il est indéniable que le monde traverse des défis colossaux. Selon une analyse de France 24, l'écart entre les ambitions et la réalité demeure considérable.
Jean-Paul Chapel : Et face à Trump, comment réagissent les Européens ?
Maurice Lévy : L'union européenne souffre d'une fragmentation. Avec 27 États membres aux intérêts divergents, sa puissance sur la scène mondiale est affaiblie. Notre position de premier marché mondial n'est pas suffisamment exploitée, ce qui a été souligné par Le Monde dans ses analyses récentes.
Jean-Paul Chapel : La stratégie des chefs d'entreprise semble également marquée par le pragmatisme, même cynisme, non ?
Maurice Lévy : Absolument. Les dirigeants d'entreprise sont avant tout des légitimistes. Leur responsabilité prioritaire est envers leurs actionnaires et employés, pas de renverser l'ordre mondial.
Jean-Paul Chapel : Le risque de guerre commerciale est-il plus fort qu’auparavant ?
Maurice Lévy : Ce risque est toujours latent. Néanmoins, je reste optimiste et j'espère que l'escalade sera évitée, tant au niveau commercial que militaire.
Jean-Paul Chapel : En parallèle, vous avez signé un accord sur l'intelligence artificielle ?
Maurice Lévy : Oui, c'est un accord stratégique pour établir le centre européen d'excellence sur l'intelligence artificielle à Paris. Cela marquera un tournant positif pour l'économie française et la recherche en Europe. La France, déjà riche en talents et entreprises innovantes, pourrait devenir un pôle central pour les investissements dans ce domaine. Comme l'a indiqué BFM Business, cela attirera des ressources et des investissements cruciaux, renforçant ainsi notre position sur la carte technologique mondiale.







