Les Français réduisent leur fréquence de visites chez les garagistes, mais le coût des réparations ne cesse d’augmenter. Selon le baromètre Mobilians-Solware 2025, publié le 23 février dernier, le panier moyen pour les réparations a atteint 403 euros en 2025, marquant une hausse de 3%. Ce constat souligne un paradoxe : moins de véhicules entrent dans les ateliers de mécanique et de carrosserie, mais chaque intervention coûte plus cher.
Les chiffres indiquent une réduction de 2,2% dans le nombre de véhicules traités par les garagistes, tout en témoignant d'une augmentation des coûts, notamment en carrosserie, où la hausse atteint 4% (1 705 euros par rapport à 1 634 euros en 2024). Ces changements sont largement dus à la complexité accrue des réparations, liée à l'intégration de technologies embarquées dans les voitures modernes.
Une hausse inévitable ?
Cette situation, bien que préoccupante pour les automobilistes, permet aux garages de rester rentables, avec une légère progression du chiffre d'affaires de 0,8%. L'augmentation significative des coûts est en grande partie imputable aux compétences requises pour travailler sur des véhicules de plus en plus électroniques. Les intervenants doivent souvent effectuer des diagnostics complexes et recalibrer les systèmes d'assistance à la conduite, ce qui allonge le temps de travail. Par ailleurs, certaines pièces voient leurs prix grimper de façon marquée ; par exemple, la peinture augmente de 6%, les courroies de distribution de 12% et les plaquettes de frein de 11%.
En revanche, les garagistes ont essayé d’alléger les tarifs sur des services réguliers tels que la révision de climatisation et le diagnostic électronique. Les augmentations des tarifs ont été moins prononcées par rapport aux pics enregistrés durant la pandémie, lorsque les coûts avaient grimpé de 12% en raison de ruptures d'approvisionnement dans l'industrie automobile.
Un parc automobile vieillissant
Le vieillissement du parc automobile en France incite davantage d’automobilistes à maintenir et à réparer leurs véhicules. La transition vers les voitures électriques change également la donne. L'année 2025 a vu 42,5 millions de voitures en circulation, avec un âge moyen de 12,3 ans, une augmentation par rapport à 11,9 ans l’année précédente.
Disparités régionales
Le paysage des prix des réparations varie fortement selon les départements, bien que les écarts se réduisent. La Corse est actuellement la région la plus chère, avec des tarifs au moins 20% supérieurs à la moyenne nationale, tandis que des départements comme les Côtes-d'Armor offrent des réparations près de 20% moins chères que cette moyenne. Ce constat pousse de nombreux automobilistes à retarder des réparations jugées non urgentes, ce qui peut générer des pannes plus graves et coûteuses à long terme.
*Cette étude repose sur un panel de 1 164 ateliers de mécanique et de carrosserie en France.







