À Marseille, le projet d'extension du tram vers la plage des Catalans ne laisse personne indifférent. Pour Christiane, une retraitée vivant près du cours Pierre Puget, l'idée d'agrandir cette ligne de tram est source d'angoisse. "Le prolongement du tram, quelle galère" confie-t-elle. Son inquiétude : la suppression potentielle de près de 500 places de stationnement en surface, entraînant des conséquences pour les résidents qui n’ont pas toujours accès à un garage.
Agnès, qui travaille dans le secteur, garde espoir : "Au moins, on ne verra plus toutes ces voitures garées ici, le cours aura une autre allure." Néanmoins, elle reconnaît que cela pourrait impacter les habitudes de stationnement locales. Pour répondre aux besoins créés par le projet, un parking de 218 places est prévu à la place du 4 septembre.
La Métropole, quant à elle, met en avant les avantages d’un tel projet, mentionnant que 27.000 emplois se trouvent à moins de 500 mètres de la future ligne qui reliera quatre stations en seulement 10 minutes. Marie, fleuriste sur place, se dit soulagée : "C'est un enfer de trouver une place ici. Avec le tram, ce sera plus simple." Cette future ligne pourrait, selon les projections, engendrer 22.700 montées par jour en 2030, un chiffre cependant controversé, surtout dans le quartier des Catalans.
Des avis divergents émergent parmi les habitants. Selon Annie, retraitée dans le 7ème, "Nous n'avons pas besoin de ce tram, nous avons assez de bus. Ils vont couper des arbres et engendrer deux ans de travaux." Elle s'inquiète de la saturation que cette nouvelle ligne pourrait entraîner sur la plage des Catalans.
Myriam, résidente depuis longtemps, s'inquiète également des perturbations : "Ça va être un enfer pendant deux ans. Et après ? Regardez la rue de Rome, les commerces ont fermé, les gens sont partis." Son témoignage souligne l’impact que de tels chantiers peuvent avoir sur la vitalité d’un quartier.
Jean-Pierre Galeazzi, président du Comité d’Intérêt de Quartier Pharo-Catalan, abonde dans ce sens, mettant en garde contre la disparition de trois lignes de bus et une congestion projetée aux abords de la rampe Saint-Maurice. "Il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs du passé”, souligne-t-il.
La fédération des Comités d’Intérêt de Quartier craint pour l'avenir de la ligne actuelle de bus. Une note de synthèse pointe les dépenses publiques élevées (100 millions d'euros pour 2 kilomètres) et le risque de diminuer le nombre de correspondances essentielles pour desservir les collines environnantes. La rumeur d'éventuelles actions judiciaires se profile si des travaux étaient entrepris avant la fin de l’enquête publique qui a été repoussée par la préfecture. Les essais du tram devraient commencer en 2028, laissant présager des mois de débats et de contestations.







