Plus de cent enseignants, élèves, parents et élus se sont réunis mardi pour protester contre la diminution des ressources allouées au lycée Jean Lurçat à Saint-Céré. Cette action, qui s'est déroulée le 17 mars, vise à attirer l'attention sur les conséquences de ces coupes pour l'avenir éducatif de la région.
Les participants, munis de pancartes au message fort, ont exprimé leurs craintes face à la fermeture potentielle de classes. "17 élèves en moins signifie 2 classes de moins", pouvait-on lire. Une enseignante a partagé son désespoir : "On ne demande pas plus que les autres, juste la possibilité de travailler dans de bonnes conditions." Cette mobilisation fait écho à la rencontre prévue avec Sophie Sarraute, la Dasen du Lot, le lendemain à Cahors.
C'est notre lycée, il faut le préserver
Léon, un élève de 16 ans, a souligné l'importance du lycée pour la communauté : "C'est le seul établissement de la région, aller à Figeac ou Cahors représente un vrai parcours. Nous voulons qu'il continue de vivre." Son témoignage met en lumière une problématique plus large : l'inégalité territoriale à laquelle sont confrontés les établissements scolaires ruraux, souvent moins bien dotés que leurs homologues urbains.
En effet, il déplore le faible soutien de ses camarades lycéens et espère un nombre plus élevé de participants, soulignant l'importance de cette initiative. "C'est dommage qu'il n'y ait pas plus de monde, mais cela prouve que notre cause est importante."
On ne pourra plus accompagner les élèves
Les enseignants partagent cette inquiétude. Stéphan, professeur de mathématiques, se dit préoccupée par la perte d'heures de cours. "Nous allons perdre beaucoup de temps d'enseignement, ce qui affectera la qualité de l'accompagnement des élèves," indique-t-elle. Elle met également en avant l'importance de maintenir un équilibre dans l'accès à l'éducation pour tous, quelles que soient les circonstances géographiques.
Une logique comptable qui fragilise tout
Une motion adoptée par les enseignants et les parents lors du conseil d'administration dénonce une gestion axée sur les chiffres. Florence Cabrit, représentante de la SNES-FSU du Lot, rappelle que pour chaque élève en moins, des heures de cours disparaissent : "Chaque heure perdue a des conséquences sur l'apprentissage."
Les manifestations ont également mis en lumière un déclin progressif de l'offre éducative. Logan, un ancien élève, a évoqué la suppression de la spécialité espagnole, forçant les futurs élèves à voyager sur de longues distances, rendant l'école moins accessible. "C'est un obstacle insupportable. Quand une option disparaît, c’est tout un territoire qui en souffre," a-t-il prévenu.
Un enjeu pour tout le territoire
Pour Caroline Mey, conseillère départementale et maire de Miers, le lycée est crucial pour la ruralité. En imposant aux jeunes de se déplacer, on risque de les éloigner de leurs études. Christophe Proença, député et ancien élève, exprime son soutien : "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour maintenir cette classe de seconde."
On ne demande pas des privilèges
Les élèves ne souhaitent pas des traitements privilégiés, mais une égalité d'accès à l'éducation. "C'est un déséquilibre à corriger. Une région qui perd des options finit par perdre ses élèves, et donc son avenir," conclut un enseignant. Tous attendent beaucoup de cette rencontre à Cahors. "Nous voulons les moyens correspondant à nos besoins, car derrière chaque heure, il y a des élèves et leur avenir en jeu."







