La rumeur a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux après le premier tour des élections municipales à Ajaccio. Un incident grotesque a été rapporté : un soldat napoléonien aurait dérobé une urne électorale dans un bureau de vote. « J'ai appris qu'un soldat de l'armée napoléonienne a enlevé une urne lors des élections, ce qui a été rapporté par ma sœur, qui a vu cela sur Facebook », a partagé une auditrice.
Après enquête, il s'est avéré que cette information provenait d'un compte parodique sur Facebook, dénommé « Ribélation », accompagné d'un montages généré par intelligence artificielle. En période électorale, cette forme de contenu s'est multipliée sur les plateformes, influençant parfois l'opinion publique, un point souligné par Michaël Andreani, animateur de l'émission.
Boris Brunel, expert en cybersécurité, a expliqué : « Il s'agit plus de satire que d'une tentative de désinformation. Les contenus générés par IA sont devenus monnaie courante, et celui-ci ne fait pas exception. » Il a également mentionné l'existence de l'« hypertrucage » évoqué par la CNIL, une technique permettant de créer des vidéos trompeuses qui, par la suite, sont largement diffusées sur les réseaux sociaux.
Mais cette tendance soulève des questions sur les risques de manipulation.
Dans quels cas ces contenus peuvent-ils devenir illégaux ?
Boris Brunel a détaillé que l'intention derrière la création et la diffusion d'un deepfake joue un rôle crucial. Une parodie humoristique reste généralement dans le cadre des lois, tandis qu'une vidéo créée dans l'intention de tromper peut avoir des conséquences graves.
« Certains usages peuvent mener au cyberharcèlement, à des fraudes ou à de la désinformation, des actes pouvant entraîner des amendes allant jusqu'à plusieurs milliers d'euros, et dans les cas les plus graves, jusqu'à cinq ans de prison », a-t-il précisé. La limite entre humour et manipulation demeure floue, notamment à l'ère de l'IA, où la vigilance est indispensable, en particulier pour les personnes les plus susceptibles aux fausses informations.
Pour une analyse contemporaine, écoutez l'intégralité de notre chronique en podcast.







