Selon des recherches américaines, l'apport en fibres doit correspondre à chaque profil de microbiome intestinal. Cette découverte remet en question les recommandations habituelles de consommation de fibres.
Manger des fibres est bénéfique pour la santé, mais cela ne devrait pas être une approche universelle. Une étude récente met en lumière les variations d'effets que les fibres alimentaires peuvent avoir d'une personne à l'autre, soulignant que les conseils diététiques devraient être individualisés selon le microbiome unique de chacun.
Publiée dans la revue Gut Microbes, l'étude s'intéresse à l'amidon résistant, un type de fibre que l'on trouve dans des aliments tels que le pain, les céréales, les bananes vertes, les pâtes complètes, le riz brun et les pommes de terre.
Comprendre l'amidon résistant
L'amidon résistant se divise en cinq catégories, et il échappe à la digestion humaine jusqu'à atteindre l'intestin. Là, il sert de substrat pour que certains microbes intestinales génèrent des acides gras à chaîne courte, essentiels pour le métabolisme des glucides et des lipides. Ces interactions microbiennes sont cruciales pour la santé digestive.
Dans cette étude, les chercheurs ont soumis 59 participants à différents régimes pendant sept semaines en élaborant trois types de crackers. Deux d'entre eux contenaient des amidons résistants : l'un d'origine naturelle (type 2) et l'autre synthétique (type 4). Le troisième cracker, un contrôle digestible par les enzymes humaines semblable au pain blanc, devait servir de référence sans interaction bactérienne. Les participants ont consommé les crackers dans un ordre varié pour évaluer les effets.
Effets sur le microbiome et recommandations
Après chaque traitement, le microbiome intestinal des participants a été séquencé. Pour le type 2 d'amidon résistant, plus de 30 types de bactéries ont montré des changements notables en abondance, notamment celles spécialisées dans la dégradation de ce type de fibre. Pour le type 4, plus de 20 bactéries ont réagi. En revanche, le groupe témoin n'a pas présenté de variations significatives.
Le résultat le plus étonnant a concerné le cracker témoin, qui a entraîné des niveaux accrus d'acides gras à chaîne courte. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour comprendre la logique sous-jacente, les scientifiques suggèrent que l'ordre de consommation pourrait avoir joué un rôle clé.
Angela Poole, l'autrice principale de l'étude, souligne l'importance de réviser les messages publics sur l'alimentation : "Moins de 10 % des individus atteignent les niveaux recommandés de fibres. Avec la diversité des fibres disponibles, une stratégie plus efficace consisterait à recueillir des données personnelles afin d'orienter chaque individu vers les fibres qui lui conviennent le mieux."







