C’est le coup d’envoi traditionnel : dès jeudi, les contribuables français peuvent remplir leur déclaration de revenus jusqu'au début juin, un événement marquant en plein cœur du débat sur la taxation des plus riches.
"À partir d’aujourd’hui, plus de 40 millions de foyers fiscaux auront la possibilité de déclarer leurs revenus pour l’année 2025", a déclaré David Amiel, ministre de l’Action et des comptes publics, lors d’une conférence de presse à Bercy.
Ce moment de déclaration fiscale est également considéré comme un acte démocratique essentiel. Chaque ligne de la déclaration représente des choix collectifs sur ce que nous voulons financer ou préserver, a-t-il ajouté.
Les déclarations pour l'année 2025 pourront désormais être effectuées en ligne jusqu’au 4 juin, en fonction de la zone géographique des contribuables : jusqu’au 21 mai pour les départements 1 à 19, le 28 mai pour les départements 20 à 54, et jusqu’au 4 juin pour les départements 55 à 974 et 976, selon le ministère de l’Économie.
Pour ceux qui préfèrent le papier, la date limite de dépôt est fixée au 19 mai. Cette année, l'envoi de déclarations papier se fera uniquement sur demande pour ceux ayant rempli leur déclaration en ligne l’an dernier.
Une des nouveautés introduites cette année est l'amélioration de l’application smartphone, permettant une communication directe avec la DGFiP via une messagerie sécurisée. Une autre innovation inclut un moteur de recherche alimenté par l’intelligence artificielle sur le site impots.gouv.fr, a précisé David Amiel.
Cette nouvelle campagne de déclaration se déroule également dans le cadre d'un débat sur la fiscalité des plus riches, sujet qui avait déjà été au centre des discussions budgétaires l'automne dernier. Ce débat a pris de l'ampleur en janvier, lorsque l’ex-ministre de l’Économie, Éric Lombard, a suggéré que « des milliers » de riches Français ne paient pas d'impôt sur le revenu.
En février, un rapport du Sénat, s’appuyant sur des données de Bercy, a révélé que plus de 13.000 foyers fiscaux soumis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) avaient un impôt sur le revenu « nul ou négatif ».
Ce sujet fait actuellement l'objet d'examens à l'Assemblée nationale, dans le cadre d'une commission d'enquête sur l'imposition des grandes fortunes et des revenus élevés. "Nous faisons toute la lumière sur les situations fiscales atypiques", a affirmé David Amiel.
Néanmoins, il a également souligné que des cas de fraude sont à déplorer. Les contrôles fiscaux sont particulièrement intensifiés pour ces situations jugées à risque, avec des contribuables beaucoup plus surveillés que la moyenne.
La cheffe du département d'études et de statistiques fiscales de la DGFiP, Sophie Maillard, a déclaré devant la commission d’enquête que « entre un quart et un tiers » des foyers fiscaux suspicionnés ont été contrôlés ces trois dernières années, et que 58 % d’entre eux ont subi un redressement, soit environ 2.000 cas.
Pour Solidaires Finances publiques, premier syndicat de l’administration fiscale, ainsi que l’organisation altermondialiste Attac, la situation actuelle appelle à plus de « justice fiscale ». La secrétaire générale de Solidaires Finances publiques, Sandra Demarcq, a insisté sur la nécessité d’une réforme fiscale globale, en procédant notamment à « un réexamen minutieux des stratégies légales qui permettent aux plus riches d’éviter l’impôt ».
D’après les chiffres communiqués mardi par Bercy, 17,1 milliards d'euros ont été demandés en impôts et pénalités lors de contrôles fiscaux en 2025, établissant ainsi un record. "Il est impératif de continuer à avancer, car la fraude fiscale continue d'évoluer", a conclu David Amiel.







