Trafic d'êtres humains : une peine avec sursis requise pour une femme en Gironde

Une femme handicapée accusée d'exploitation de travailleurs sans papiers en Gironde.
Trafic d'êtres humains : une peine avec sursis requise pour une femme en Gironde
Les deux prévenues contestent l’infraction de traite d’êtres humains. © Crédit photo : Christophe Loubes

Le tribunal correctionnel de Bordeaux examine un dossier particulièrement troublant impliquant une femme de 62 ans, Houria, qui, malgré son handicap, se serait lancée dans un système d'exploitation de travailleurs sans papiers. Accompagnée de Khadija, 60 ans, elles sont accusées de traite d'êtres humains et d'emploi illégal de main-d'œuvre étrangère. Selon les révélations de France 3, Houria aurait recruté environ 35 personnes pour l'assister dans sa vie quotidienne à domicile, dans des conditions profondément indignes.

Les victimes témoignent avoir été logées dans un appartement HLM où elles dormaient parfois sur des matelas au sol, voire dans des espaces réduits comme un cellier. La plupart d'entre elles, recrutées principalement par Khadija via Facebook, affirment qu'elles ne recevaient pas le salaire promis de 30 euros par jour et étaient soumises à des conditions de travail insoutenables. Une vidéo troublante a même montré Houria lançant un flacon de parfum à l'une des plaignantes, illustrant une ambiance de travail hostile.

Un système d'exploitation démasqué

Le parquet de Bordeaux a mis en lumière un réseau d'exploitation, soulignant que les femmes étaient attirées par des promesses de régularisation. La procureure, Mathilde Micolon de Guérines, a déclaré : "On est loin de la belle histoire d'entraide. C'est une véritable filière d'exploitation." Les jeunes femmes, souvent marocaines ou algériennes, ont partagé leurs souffrances, décrivant des journées de travail éreintantes, sans pauses ni accès aux commodités de base.

«Le contexte de précarité a conduit ces femmes à accepter de telles conditions : depuis la recherche d'un toit jusqu'à l'espoir d'une amélioration de leur situation,» explique un représentant de l'association Ruelle.

À l'inverse, les avocats des deux accusées soutiennent que, bien qu'il existe des éléments de gravité, la situation ne saurait s'apparenter à de la traite. Ils mettent en avant le contexte personnel difficile de Houria, qui aurait recherché avant tout de l'aide. L'avocate de Khadija a même suggéré que la recherche de personnes partageant un parcours similaire pourrait justifier certaines de ses actions.

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Le tribunal, présidé par Gérard Pitti, doit rendre son verdict le 15 juin. Les accusations de traite d'êtres humains soulèvent des questions cruciales sur les protections offertes aux travailleurs vulnérables et la nécessité d'une vigilance accrue contre les abus en matière d'emploi.

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