Le 1er mai reste un jour de repos obligatoire, mais de nombreux artisans envisagent d'ouvrir leurs commerces malgré les lois en vigueur. Alors que les boulangers et les fleuristes se questionnent sur leur situation, les risques d'amende se profilent à l'horizon.
Le Codage du travail est clair : l'article L. 3133-4 interdit de faire travailler des employés le 1er mai, sous peine d'un amende pouvant atteindre 750 euros par salarié, comme le souligne Les Échos.
Les exceptions concernent principalement des secteurs vitaux comme la santé et les transports. En revanche, pour des activités comme celles des boulangers et des fleuristes, le non-respect de cette règle pourrait mener à des sanctions pénales, une situation déjà observée dans le passé.
Cependant, un débat législatif a récemment émergé : une proposition de loi adoptée par le Sénat en juillet 2025 visait à sécuriser l’ouverture de ces commerces traditionnels, mais a été rejetée par l’Assemblée nationale le 10 avril 2026, suite à des pressions syndicales.
Un communiqué polémiqué
Devant ce constat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a opté pour un pragmatisme inédit, reportant toute réforme à un projet de loi pour 2027. Ce texte pourrait introduire le volontariat écrit et une rémunération doublée pour les employés qui choisissent de travailler ce jour-là.
Pour l’instant, la situation reste incertaine. Dans un communiqué du 17 avril, Matignon a appelé à une forme de neutralité vis-à-vis des contrôles. Les inspecteurs du travail ne seront pas incités à verbaliser les artisans qui ouvrent boutique, à condition que les futures règles soient respectées.
"Le but est d’éviter des sanctions pour ceux qui suivront les nouvelles directives, afin de soutenir nos boulangers et fleuristes", précise Matignon dans son communiqué.
Le Conseil d'État a tranché
Cette approche a suscité un recours de syndicats tels que Sud et CGT, ainsi que des élus écologistes, poussant ainsi le gouvernement à retirer son communiqué le 28 avril. Le Conseil d'État a ensuite signalé qu’il n’avait plus matière à statuer, annulant ainsi ses précédentes considérations.
Finalement, tout laisse à penser que les commerçants qui choisiront d'ouvrir le 1er mai 2026 s'exposent réellement à des amendes de 750 euros par salarié, en cas de contrôle. Un scénario délicat pour les professions déjà touchées par les défis économiques actuels.







