Les avocats du barreau de Poitiers se sont rassemblés, lundi 29 juin 2026, pour réaffirmer leur opposition au projet de loi "Justice criminelle et respect des victimes", la veille de son examen à l’Assemblée nationale.
Une journée de manifestation pour dénoncer une "justice en danger". Les avocats du barreau de Poitiers continuent leur mobilisation contre la proposition de loi "Justice criminelle et respect des victimes" proposée par Gérald Darmanin. Près de quarante avocats se sont rassemblés devant le palais de justice, renvoyant pratiquement toutes les affaires civiles et pénales avant l'examen crucial du texte au Parlement.
Dans le viseur des avocats, le plaider-coupable criminel, qui permettrait à un accusé de contourner le procès en acceptant une peine suggérée par le parquet. "Le garde des Sceaux avait promis de retirer cet article 1er. Pourtant, le texte adopté par le Sénat le maintient, et il demeure d'actualité", a déclaré François-Xavier Chedaneau, bâtonnier de Poitiers.
Des mesures jugées préjudiciables
Ce projet de loi comprend également des dispositions jugées "extrêmement dangereuses" par les avocats. Parmi elles, la création de sas de détention, qui "légalisent des détentions arbitraires", l'élargissement des infractions justifiant un prélèvement génétique, créant ainsi une "surveillance généalogique", ainsi que la possibilité pour un magistrat de décider seul de l'irrecevabilité d'un recours.

François-Xavier Chedaneau, bâtonnier de Poitiers, s’est félicité de la mobilisation des avocats contre le projet de loi depuis fin mars 2026.
© Photo NR-CP, Mathieu Herduin
"Ce texte organise une justice de rendement, moins collégiale, moins orale et moins démocratique. Il n'est pas acceptable de traiter le justiciable comme une simple variable d'ajustement statistique, peu importe son positionnement dans le système judiciaire", a alerté François-Xavier Chedaneau. Il a lancé un appel solennel aux députés, notamment ceux de la Vienne, "à rejeter massivement ce texte".
Lire aussi







