Le combat contre la non-assurance automobile se révèle plus complexe que jamais, d'après les dernières données du Fonds de garantie des victimes (FGV). En effet, en 2022, environ 7.500 personnes ont été indemnisées pour des accidents causés par des conducteurs non assurés.
En résumé, comme l'explique le directeur général du FGV, Julien Rencki, "le phénomène de non-assurance perdure en France et prend des formes variées". Bien que le nombre d'accidents ait baissé de 7,3%, les décès, eux, ont malheureusement augmenté, atteignant 177.
Le FGV, créé en 1951, joue un rôle crucial en indemnisant les victimes d'accidents causés par des conducteurs sans assurance ou non identifiés. L'année dernière, ce fonds a versé 132 millions d'euros aux victimes, financés par les cotisations des assurés.
Les effets des accidents sont souvent dévastateurs pour les auteurs, qui peuvent se retrouver à payer des dommages corporels se chiffrant en millions d'euros, toute leur vie durant, selon M. Rencki.
- Les causes du phénomène -
Le FGV a identifié plusieurs raisons à cette situation préoccupante, dont une amende forfaitaire de 750 euros pour non-assurance. Parmi elles, la délinquance routière, la circulation sans permis, l'ignorance de l'obligation d'assurance responsabilité civile, ainsi que le coût élevé de l'assurance, qui pèse particulièrement sur les jeunes conducteurs.
Environ 40% des conducteurs non assurés sont des étudiants ou des personnes à faibles revenus qui renoncent à s'assurer pour des raisons budgétaires. Pour un jeune conducteur, la prime d'assurance peut atteindre 1.000 euros par an, sans compter les frais liés à l'obtention du permis de conduire et à l'achat d'un véhicule.
Cette problématique nécessite une réflexion collective impliquant les assureurs et les pouvoirs publics. M. Rencki fait observer qu'en milieu rural, l'accès à une voiture est vital pour trouver un emploi et percevoir un salaire pour couvrir les frais de transport.
Il propose également de revoir la réglementation sur les surprimes pour les jeunes conducteurs et de promouvoir des formations post-permis pour diminuer leur sinistralité, ce qui pourrait inciter les assureurs à baisser leurs tarifs.
- Les dangers des trottinettes -
M. Rencki a mis en avant l'importance d'une détection proactive de la non-assurance, notamment grâce à un interrogatoire systématique du fichier des véhicules assurés en cas d'excès de vitesse. Cependant, il appelle à étendre cette mesure à tout type d'excès.
Le FGAO a également pris en charge 818 victimes de trottinettes électriques non assurées l'an dernier, un chiffre en hausse de près de 8%. Environ 4.200 accidents liés à ces dispositifs ont été enregistrés depuis 2018.
Il est important de rappeler que les utilisateurs de trottinettes, gyropodes et autres engins de déplacement personnel motorisés doivent souscrire une assurance de responsabilité civile. Aujourd'hui, les accidents liés aux trottinettes non assurées dépassent ceux des deux-roues motorisés, soulignant l'ampleur du problème.
Pour conclure, le FGV a établi un groupe de travail incluant assureurs, pouvoirs publics et experts pour aborder cette question cruciale. Environ 50% des utilisateurs de trottinettes électriques circulent sans assurance, une proportion alarmante qui nécessite des solutions urgentes.







