Dans l'enceinte du tribunal, l'avocate générale a affirmé avec force : "Il n'y a pas de doute sur l'intention homicide". Ce faisant, elle a décrit le parcours tragique d'Assia B., dont le corps a été retrouvé en morceaux dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris. Lakhdar M. avait signalé sa disparition avant d'admettre, après plusieurs jours, qu'il l'avait étranglée et démembrée.
Dans une première session du procès, le 9 juillet, la procureure a requis une lourde peine pour ce qui constitue un acte de transgression inégalé. "L'acte de démembrement est symptomatique de la violence extrême qu'il a exercée sur sa compagne", a-t-elle déclaré, évoquant aussi la nécessité d'un suivi psychologique post-carcéral de huit ans.
"Elle aimait la vie"
Au fur et à mesure que les enregistrements du procès progressent, l'accent est mis sur la vie d'Assia. Au-delà du discours dégradé de son époux qui l’a décrite comme une femme oisive et dépensière, ses proches, notamment Me Pauline Rongier, avocate des parties civiles, ont dressé un portrait plus sincère et touchant. "Assia a dédié sa vie à sa famille et à ses enfants", a affirmé Me Rongier, contredisant les dires de l'accusé.
"Nous savons que c'est tout l'inverse, qu'elle a tout fait pour ses enfants", a souligné son avocate, suscitant l'émotion dans la salle.
Ses amis et sa famille se sont succédé à la barre pour témoigner de son caractère joyeux. "Elle était magnifique. Pour moi, c'est un ange. Elle était souriante, elle aimait la vie", s’est remémoré un de ses oncles, ému.
Un divorce évoqué avant son décès
Le climat de tension s'intensifie à partir de 2021, alors que les dettes de Lakhdar M. commencent à peser sur leur couple. Assia, soumise à une pression insupportable, avait exprimé à sa sœur, Fatima, ses craintes de mort imminente. "On dirait quelqu'un qui m'étrangle. Prends soin de mes enfants", a-t-elle confié dans un appel téléphonique, des mots prémonitoires qui résonnent douloureusement aujourd'hui
Les discussions sur un potentiel divorce émergeaient, mais sa famille, craignant pour le bien-être de ses enfants, la décourageait d'agir. "Si j’avais su, je l’aurais encouragée à se séparer", regrette une tante, après avoir pris conscience des conséquences tragiques de cette décision non prise.
"Rien ne pourra combler le vide qu'elle a laissé"
Les derniers témoignages de la famille révèlent une douleur incommensurable face à l'absence d'Assia. "Rien ne pourra nous rendre ce vide", déclare sa tante, avant que la tristesse ne submerge la salle. "Nous gardons toujours en mémoire son sourire et sa gentillesse", conclut-elle, la voix tremblante.
Le procès continue demain avec la défense de Lakhdar M. qui devrait faire entendre ses derniers mots. Un verdict est attendu dans l’après-midi.







