Rabah Souchi, commissaire de police, se retrouve devant la cour d'appel de Lyon pour complicité de violences suite à l'ordre qu'il a donné lors d'une manifestation de « Gilets jaunes » à Nice en mars 2019. Cette intervention a gravement blessé Geneviève Legay, une militante âgée de 73 ans. Le procureur a requis six mois de prison avec sursis.
Lors de l'audience, l'avocate générale, Laure Lehugeur, a affirmé que l'ordre de charge n'était « ni requis ni approprié », soulignant que la décision du commissaire constituait une « infraction légale ». Elle a également critiqué une stratégie répressive ciblant un groupe vulnérable comprenant des personnes âgées et des journalistes. Cette position est renforcée par un rapport accablant de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), précisant que la charge était « disproportionnée ».
À la barre, Souchi, âgé de 55 ans, a exprimé des « regrets » pour l'accident ayant touché Geneviève, qui souffre encore de séquelles. Cependant, il a voulu clarifier qu'il ne peut être tenu pour responsable du geste qui a conduit à sa chute. Son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, a défendu que son client n'était qu'un « bouc émissaire », en se référant à un ordre établi pour maintenir l'ordre.
A la sortie de l’audience, Geneviève Legay a exprimé sa déception quant à la peine demandée, se battant pour que ce procès établisse un précédent afin d’aider d'autres victimes de violences policières. Elle a été accueillie par une trentaine de militants d’Attac, qui affichaient une banderole demandant « Justice pour Geneviève Legay et pour toutes les victimes de violences policières ».
« J’étais venue là manifester pacifiquement »
Le 23 mars 2019, lors d'une manifestation non autorisée, Geneviève, porte-parole d'Attac, s'est retrouvée victime d'une action policière violente. Elle a partagé son expérience, se souvenant de la douleur vive ayant précédé sa chute. Les images marquantes, la montrant d'abord en vie, puis au sol, avaient suscité une forte émotion et un débat sur le comportement des forces de l'ordre.
Le commissaire a été reconnu coupable en mars 2024 de complicité de violences par une personne dépositaire de l'autorité publique, mais contestait cette décision, appelant à une révision. Dans un jugement distinct, le tribunal administratif de Nice a encore confirmé en mai 2024 la responsabilité de l'État à hauteur de 80 % dans les blessures subies par Geneviève, bien que son imprudence ait été retenue à 20 %.







