Un drame sous le feu des projecteurs : le parquet de Niort classe l'affaire sans suite

La décision du parquet sur la mort de Gabriel Bée relance le débat sur la légitimité des interventions.
Un drame sous le feu des projecteurs : le parquet de Niort classe l'affaire sans suite
Gabriel Bée, 33 ans, est décédé par balle chez lui, à Augé, dans la nuit du 20 au 21 mai. © Photo famille Gabriel Bée

L’enquête pour violences volontaires avec arme suite à la mort de Gabriel Bée, lors d'une intervention des gendarmes pour tapage nocturne en mai 2025 à Augé, a été classée sans suite par le parquet de Niort, qui défend la légitime défense du gendarme.

Cette annonce, qui a été anticipée par la famille de la victime le 9 mars dernier, a été confirmée le lendemain par la procureure de la République de Niort, Sophie Lacote, via un communiqué. « L’enquête pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par un agent de l’autorité publique a été classée sans suite. »

Rappelons les faits : dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, trois gendarmes, intervenant pour du tapage nocturne à Augé, avaient rencontré Gabriel Bée, âgé de 33 ans, à son domicile. Armé d'une matraque, et faisant preuve d'une menace, Gabriel a conduit un des gendarmes à tirer deux fois, causant la mort du trentenaire.

Pour justifier ce classement sans suite, le parquet de Niort évoque une enquête conduise par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), réalisée entre le 21 mai 2025 et le 13 novembre 2025, affirmant que les investigations ont montré un « usage nécessaire et proportionné de l’arme à feu par le gendarme. » La vie du militaire était considérée comme en danger par le fait que Gabriel Bée était armé d’une matraque télescopique, jugée potentiellement létale.

« Le gendarme a agi dans l’exercice de ses fonctions »

Le parquet ajoute que dans une situation qui a rapidement échappé à tout contrôle, une « gradation de la riposte » a été envisagée, précisant que le gendarme, en uniforme, a agi dans l’exercice de ses fonctions.
Sophie Lacote a contacté la famille de Gabriel Bée pour leur faire part de la décision, mais ces derniers ne comptent pas s’arrêter là. En effet, le 9 mars, il ont rendu public une vidéo capturée par le téléphone de Gabriel au moment des faits. Comme le rapporte La Nouvelle République, cette vidéo propose une perspective qui pourrait contredire les conclusions de l’IGGN, n'ayant pas été exploitée dans le cadre de l'enquête. Les proches de Gabriel Bée prévoient désormais de déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès du juge d'instruction pour relancer les investigations.

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