Ce samedi, Ismaïl Omar Guelleh, président de Djibouti depuis 1999, a célébré sa réélection pour un sixième mandat, peu après la clôture des élections. Son annonce a suscité des interrogations, alors que seulement 6% des résultats officiels avaient été dévoilés au moment de sa proclamation. Sur les réseaux sociaux, il a partagé un portrait avec le mot «RÉÉLU».
Selon des données préliminaires fournies par l'AFP, Guelleh, souvent appelé IOG, a obtenu environ 96,47% des voix dans les premiers comptages issus de 38 bureaux de vote à Djibouti-Ville. Son concurrent, Mohamed Farah Samatar du Centre démocrate unifié (CDU), a reçu une maigre portion de 3,52% des suffrages, alors que cet adversaire reste peu connu du grand public.
En ce qui concerne la participation électorale, les chiffres sont plutôt disparates, oscillant entre 36 et 58% dans différents bureaux. À un endroit fréquenté par des militaires, le taux atteignait même plus de 90%. Près de 256.000 citoyens étaient appelés à voter, et les électeurs se sont montrés plus nombreux en fin d'après-midi, bien que l'absence de files d'attente ait été frappante.
Parmi les témoignages recueillis dans les rues de la capitale, beaucoup ont exprimé leur soutien à IOG. Cependant, un chauffeur de taxi anonyme a exprimé son scepticisme en déclarant : «Je ne vais pas aller voter, ça ne sert à rien». Ce commentaire souligne le climat de méfiance qui entoure les élections, similaire à celles de 2021, où Guelleh avait été réélu avec plus de 97% des votes malgré un boycott de l'opposition.
Le président sortant a voté au bureau numéro un de la mairie, sous un fort dispositif sécuritaire. La compétition politique à Djibouti se déroule dans un contexte tendu, marqué par des critiques sur la répression des voix dissidentes. La situation est renforcée par des médias largement dominés par l'État, comme le souligne Reporters sans frontières, qui classe Djibouti au 168e rang en matière de liberté de la presse.
Bien que Guelleh ait évoqué une passation de pouvoir en 2026, des modifications constitutionnelles récentes ont abaissé la limite d'âge pour les candidats, permettant ainsi à IOG de se présenter à nouveau. L'argument avancé par son équipe pour justifier cette décision est le souci de maintenir la stabilité dans une région marquée par des conflits et des incertitudes.
Les observateurs s'interrogent également sur l'état de santé du président âgé de 78 ans, qui a des difficultés de déplacement. Dans un pays où l'économie repose lourdement sur les infrastructures portuaires – représentant 70% du PIB – la situation économique reste précaire, exacerbée par un taux de chômage des jeunes atteignant 70% et une dépendance croissante vis-à-vis des fluctuations économiques de la région, notamment en Éthiopie.







