Le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar, aspire à restaurer la relation de Budapest avec Bruxelles, s'éloignant ainsi de l'influence de son prédécesseur, Viktor Orban, qui a bloqué plusieurs fonds européens, notamment un prêt crucial de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine.
Cette élection, marquée par une attention internationale hors du commun, a vu Magyar, un homme de 45 ans, remporter une victoire éclatante lors des élections législatives du 12 avril. Cette tournure des événements a provoqué un vif soulagement parmi les dirigeants européens, mettant ainsi fin à un règne de seize ans de populisme orbanien, souvent associé à des approches pro-russes et à des politiques controversées.
Dans sa première conférence de presse à Budapest, Magyar a promis un "changement de régime complet", s'engageant à lutter contre la corruption, à renforcer l'État de droit, et à rétablir des relations constructives avec l'UE. La guerre en Ukraine, selon Magyar, a accentué les dégradations de ces relations, qu'il compte réparer en donnant la priorité à la diplomatie et à la coopération européenne.
État de droit : une condition sine qua non pour les financements européens
Le futur leader hongrois a prévu d'abroger les lois controversées établies sous Orban, surnommées "démocratie illibérale", qui ont mené à une corruption rampant selon Transparency International. En effet, la Hongrie a été classée comme le pays le plus corrompu de l'UE, avec un affaiblissement significatif des contre-pouvoirs et de l'indépendance judiciaire, représentant ainsi un défi immense pour l'administration de Magyar.
Cependant, l'ampleur de sa victoire lui confère les moyens de corriger ces dérives, ayant obtenu une majorité parlementaire qui pourrait être utilisée pour modifier la Constitution afin de revenir à un cadre démocratique plus solide. "Destituer Orban est une chose. Démanteler l 'orbanisme' en est une autre", prévient la chercheuse Zsuzsanna Szelényi du CEU Democracy Institute.
Les réformes à venir, notamment celles touchant à la corruption et aux lois anti-LGBT+, pourraient permettre à la Hongrie d'accéder aux aides financières européennes qui lui ont été refusées, un facteur crucial pour maintenir son économie en crise.
Une nouvelle ère pour l'UE et Budapest
Au-delà des réformes internes, l'UE voit d'un bon œil l'élection de Péter Magyar.
Viktor Orban, souvent perçu comme un obstacle aux décisions européennes, sera remplacé par un dirigeant qui promet d'œuvrer pour l'intégration plutôt que la désunion au sein de l’UE. Ses opposants espèrent un paysage politique où la Hongrie joue un rôle actif et positif au sein de l'Europe, surtout face aux défis actuels posés par la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques croissantes.







