Les Nations Unies expriment leur préoccupation face au traitement réservé aux mères d'origine inuit par le Danemark. Comme le rapporte The Guardian, Reem Alsalem, rapporteuse de l'ONU sur la violence envers les femmes, a écrit aux autorités danoises pour dénoncer des discriminations ethniques supposées.
Cela intervient alors que Keira Alexandra Kronvold, une Groenlandaise dont la fille, Zammi, a été retirée quelques heures après sa naissance en novembre 2024, attend une décision de la cour suprême. "Je l'ai allaitée et préparé un sac avec un doudou et une lettre pour la famille d'accueil", a-t-elle déclaré à l'AFP en 2025.
Des tests de compétence parentale contestés
Keira avait passé un test de compétence parentale lors de sa grossesse, basé sur des images à évaluer, mais ces derniers sont jugés inadaptés pour les Groenlandais dont la culture diffère de celle du Danemark. Les entretiens, souvent menés en danois, manquent d'interprétation appropriée.
Selon un rapport de 2022, les enfants de parents groenlandais ont de cinq à sept fois plus de risques d'être placés que ceux de parents danois. En 2023, 460 enfants groenlandais étaient en famille d'accueil, une situation qui crée des tensions entre Copenhague et Nuuk. Le gouvernement du Groenland évoque un biais colonial dans cette séparation fréquente des enfants de leur famille. Par ailleurs, ces tests ont été abrogés le 1er mai.
Malgré cela, Keira ne peut voir sa fille que sporadiquement et sous surveillance. "Nous nous réjouissons de l'abrogation de ces tests, mais ceux qui ont été affectés doivent avoir accès à la justice", insiste Reem Alsalem.
Les avocats de la mère espèrent que cette affaire créera un précédent pour d'autres familles inuit confrontées à des situations similaires en raison des enquêtes sociales basées sur ces tests désormais abandonnés.







