José Luis Ábalos, ancien ministre espagnol des Transports et figure notable du gouvernement de Pedro Sánchez, a refusé toute irrégularité dans l'acquisition de masques durant la pandémie de Covid-19, pointant du doigt une tentative de "politiser" son procès devant le Tribunal suprême à Madrid.
Lors d'une session, il a déclaré : "Ce n'était qu'un contrat de plus" en référence à un contrat d'achat de huit millions de masques, suspecté d'avoir été signé en échange de commissions douteuses, soulevant ainsi des questions embarrassantes pour le gouvernement socialiste.
"Tout cela a été un véritable défi pour amener des masques à toutes les administrations. Nous avons réussi à les faire venir rapidement en Espagne, et à un prix bien inférieur à la moyenne", a affirmé l'ancien responsable du Parti socialiste (PSOE), aujourd'hui aged de 66 ans.
Il a décrit l'opération comme un succès, rejetant la responsabilité des problèmes contractuels aux circonstances d'urgence du moment, déclarant : "J'ai toujours dit qu'il fallait faire venir les masques le plus rapidement possible, tout en mobilisant tous les outils disponibles. Quant aux contrats, ils doivent être signés comme jugé nécessaire, mais je n'ai jamais participé à leur attribution."
Ábalos, ainsi que son ancien conseiller Koldo García et l'homme d'affaires Víctor de Aldama, sont en détention provisoire depuis le 7 avril. Ils doivent répondre d'accusations de corruption relative à l'achat de masques durant la crise sanitaire, mais également d'autres irrégularités.
L’accusation souligne que l’ancien ministre aurait perçu, en échange de l’attribution de ces contrats, des salaires supplémentaires, des vacances payées en famille ou encore des faveurs pour ses relations personnelles.
Le procès a pris une tournure surprenante lorsque Víctor de Aldama a désigné Pedro Sánchez comme le supposé leader d'un "réseau organisé" impliqué dans un financement illégal du parti via des commissions douteuses, comme le rapportent plusieurs médias espagnols.
En réponse, Ábalos a accusé de Aldama de "politiser cette affaire pour échapper à ses responsabilités" et a pointé du doigt le Parti populaire (droite), initiateur de la plainte, pour son "usage détourné de la justice".
"Il n'y a eu aucun détournement de fonds", a-t-il martelé, questionnant l'ouverture d'une enquête sur le sujet.
Les procureurs demandent 24 ans de prison contre l'ancien ministre, qui a été un acteur clé dans la montée au pouvoir de Sánchez. Ce dernier a, pour sa part, toujours nié tout lien avec les activités des accusés, affirmant qu'il n'était pas au courant de leurs présumées irrégularités.
Cette affaire a suscité de nombreuses interrogations et critiques, notamment de la part des opposants politiques, alors que des questions pèsent également sur l'entourage proche de Pedro Sánchez. En effet, José Luis Ábalos a été remplacé par Santos Cerdán, également sous enquête pour corruption.
Dans le contexte de cette affaire, l'épouse du Premier ministre, Begoña Gómez, fait l'objet d'une enquête potentielle pour avoir abusé de sa position pour ses affaires privées. Son frère, David Sánchez, est prévu pour un procès en mai pour trafic d'influence dans une affaire d'emploi public.







