Dans une décision marquante, la cour d’appel de Paris a accordé mardi la libération sous contrôle judiciaire de Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, et de son collaborateur Christian Herrault. Tous deux avaient été condamnés en avril pour financement du terrorisme en Syrie, suite à des versements à des groupes jihadistes, afin de maintenir l’activité de leur cimenterie à Jalabiya.
Les deux hommes, respectivement âgés de 69 et 75 ans, avaient reçu des peines de cinq et six ans de prison ferme. Leur incarcération, qui remonte à la mi-avril, a été marquée par une démarche de mise en liberté interlocutoire demandée en mai, en attente d’un nouveau procès.
La cour d’appel a estimé que leur maintien en détention n’était pas une nécessité impérieuse pour assurer leur présence devant la justice, tenant compte du « choc carcéral » subi par les inculpés. Toutefois, ils ont été placés sous certaines restrictions, incluant une interdiction de quitter le territoire français et un cautionnement fixé à 100 000 euros pour Lafont et 90 000 euros pour Herrault, à verser d’ici le 2 juillet.
Une mention notable fait état que, contrairement à la demande du parquet, ils pourront rester en contact, même si leur cohabitation en prison a suscité des inquiétudes. Leur avocate, Jacqueline Laffont, a qualifié la décision de « soulagante » et a exprimé sa satisfaction quant à l'application de la loi.
En parallèle, Lafarge, dont la réputation a été ternie, a été condamné à une amende de 1,125 million d’euros et à la prise en charge d'une amende douanière de 4,57 millions d’euros, en raison de violations des sanctions financières internationales. L'entreprise, maintenant sous le contrôle du groupe suisse Holcim, a également fait appel de cette condamnation.
Les débats s’annoncent vifs lors du prochain procès, prévu dans les mois à venir, où les implications de ces décisions judiciaires continuent de soulever de nombreuses interrogations sur le rôle des entreprises dans des contextes de conflit.







