Alors que les tensions au Moyen-Orient continuent de hanter le quotidien d’un grand nombre de jeunes, un élève toulousain du Bahreïn, Younès, a pris l’initiative notable de faire annuler les épreuves du baccalauréat pour ses camarades. Avec le contexte de guerre en Iran, il a mené une pétition qui a recueilli plus de 1.000 signatures de ses pairs, exprimant une frustration face à un cursus interrompu par deux mois d’alerte continue.
« Depuis le 27 février, notre vie a changé. Les alertes sont constantes : il est difficile de se concentrer sur les cours dans un climat aussi tendu », confie Younès à 20 Minutes. Pour assurer sa sécurité, sa famille a temporairement quitté le Bahreïn pour Toulouse, mais la peur et l'incertitude étaient omniprésentes. Malgré cela, le retour au Bahreïn était inévitable pour préparer les examens, laissant les élèves désabusés. Younès déclare : « On avait raté tellement de cours. Passer le bac semblait injuste. »
Une mobilisation audacieuse
Face à cette crainte, une réaction collective s’est formée. Younès et ses camarades ont lancé leur pétition en secret, car le climat de contestation n'était pas bienvenu dans cette monarchie du Golfe. Le proviseur les a avertis des risques associés à une telle action, mais cela n’a pas découragé Younès, qui a décidé de s’adresser directement au président français Emmanuel Macron.
Dans sa lettre, il a mentionné : « Avec les événements et le stress qui en découlent, il devient difficile de rester concentré. Nous espérons que notre situation sera prise en considération. » Cette démarche a rapidement porté ses fruits : le 7 mai, la réponse du cabinet présidentiel a confirmé que le président était au courant de la situation, et quelques jours plus tard, l’annulation des épreuves a été officialisée.
La victoire des élèves
« C’était l’euphorie à l’école quand nous avons appris la nouvelle. Tout le monde était soulagé », se souvient Younès, soulignant que son acte a bénéficié non seulement à sa classe, mais à tous les élèves concernés. Avec un taux de réussite de 100 % pour la classe, Younès a obtenu sa mention et se prépare à étudier la gestion à l’Université Capitole 1.
Cette initiative a été saluée par des figures comme Rosiane Houngbo-Monteverde, qui a félicité l’engagement citoyen des jeunes. « La lutte pour les droits et l'éducation continuera, et ces jeunes ont prouvé leur détermination », a-t-elle déclaré.
En conséquence, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé que des modalités exceptionnelles seront mises en place pour d’autres régions touchées par des crises similaires, permettant à des lycéens dans neuf pays de bénéficier de l’annulation des épreuves écrites, remplaçant celles-ci par un contrôle continu, comme indiqué à 20 Minutes.







