La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une situation dramatique avec près d'un million de personnes logées dans des camps de fortune, fuyant les conflits armés persistants en province d'Ituri, région gravement touchée par une épidémie d'Ebola. Cette situation attire l'attention des organisations humanitaires, alors que le nombre de décès dû à la maladie atteint déjà 246.
L'Ituri, décrite comme l'épicentre de l'épidémie, est également le théâtre de violences armées. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a alerté sur la combinaison catastrophique entre la crise épidémique et les conflits qui entravent la réponse sanitaire. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, se rendra à Bunia, la capitale de la province, afin d'évaluer la situation et de coordonner les efforts.
Dans le camp de Kigonze, qui abrite plus de 25.000 déplacés, des voix s'élèvent. Dorcas Mapenzi, une résidente, exprime ses craintes : "Si Ebola arrive ici, nous serons exterminés. Nos conditions de vie sont désastreuses, et nos enfants jouent dans des lieux insalubres." Un autre témoignage poignant provient de Déborah Nzale, qui vit avec neuf personnes dans un espace que l'on pourrait qualifier de dérisoire de 3 mètres carrés. Elle interpelle la communauté internationale : "Avec des conditions comme celles-ci, comment pouvons-nous nous protéger ? Si un cas se déclare, ce sera la fin pour tous."
Un virus redoutable et une impossibilité de distanciation
Le variant Bundibugyo d'Ebola, avec un taux de létalité pouvant atteindre 50%, ne laisse guère de place à l'espoir. Les déplacés n'ont reçu aucun matériel de protection, et malgré l'envoi de ressources par les organismes internationaux, l'accès à ces zones difficiles reste problématique en raison des conflits en cours. Le lieutenant général Johnny Luboya Nkashama, gouverneur de la province, a exprimé l'urgence de déployer du matériel et du personnel qualifié.
Actuellement, l'Ituri abrite environ 61 sites de déplacés, représentant près de 970.000 personnes. La suspension des vols commerciaux vers Bunia par les autorités congolaises souligne le risque élevé de propagation du virus. Seules les missions humanitaires peuvent encore atterrir, accentuant la fragilité de cette région déjà éprouvée.
Au-delà des chiffres, ce sont des vies humaine en péril. Plus de 15.000 personnes ont perdu la vie à cause d'Ebola en Afrique au cours des 50 dernières années. Rappelons que lors de la dernière grande épidémie en RDC entre 2018 et 2020, 2.300 personnes avaient succombé et 3.500 avaient été infectées. Tedros Adhanom Ghebreyesus reste optimiste quant à la capacité de la communauté internationale à mettre fin à cette épidémie, mais le temps presse.







