Les États-Unis intensifient leur mobilisation pour "sauver" le Venezuela tout en renforçant une aide internationale jugée "vitale" pour retrouver les derniers survivants, cinq jours après le double séisme qui a causé la mort d'au moins 1.450 personnes et laissé des dizaines de milliers de disparus.
Près de 130 Marines sont actuellement déployés pour travailler aux réparations du port de La Guaira, proche de Caracas, où ils s'affairent jour et nuit pour faciliter l'acheminement des aides humanitaires.
L'USS Fort Lauderdale, un navire amphibie, est ancré dans cette ville balnéaire durement touchée, où des quartiers entiers sont rasés. Les images de drones montrent une ville dans un état de désolation, alors que des équipes de secours, y compris des unités spécialisées du monde entier, s'activent dans l'espoir de retrouver des vivants.
- Aide US doublée -
À La Guaira ainsi qu'à Caracas, le commandement américain pour l'Amérique latine, Southcom, déploie ses ressources logistiques. L'objectif, selon le Département d'État, est de "fournir une aide essentielle aux victimes" en tandem avec des sauveteurs locaux.
Lundi, les États-Unis ont annoncé une augmentation de leur aide au Venezuela, portant le montant total à 300 millions de dollars destinés à des ONG et agences de l'ONU pour des soins médicaux d'urgence, de l'eau, des services d'assainissement et des abris.
Actuellement, plusieurs centaines de soldats américains sont présents au Venezuela. La tendance à l'amélioration des relations entre Washington et Caracas s'est accentuée depuis la capture de Nicolas Maduro en janvier, ce qui a permis aux deux pays de renouer leurs liens diplomatiques après trois ans de tensions.
- Réplique et panique -
Au total, environ 2.700 secouristes provenant de 24 pays, ayant envoyé plus de 520 tonnes d'aide, continuent leurs recherches. Des vidéos émouvantes de leurs efforts inondent les réseaux sociaux, montrant des rescapes dans un état critique.
Les secousses de 7,2 et 7,5 sur l'échelle de Richter du 24 juin ont provoqué la destruction de nombreuses infrastructures, y compris de l'aéroport principal du pays, et ont engendré un nombre de disparus évalué à 50.000 par l'ONU. Une nouvelle secousse de magnitude 4,6 a été ressentie lundi, exacerbant l'angoisse des habitants.
"La panique a été horrible", confie Fernan Hernandez, dont le frère est porté disparu sous les décombres. Les victimes aspirent à ce que l’aide gouvernementale soit mieux orchestrée, à l'instar des secours internationaux.
Les catastrophes naturelles laissent souvent un délai strict pour retrouver des survivants, tandis que les frustrations à l'égard des autorités se multiplient. Eduardo Cardozo, un agriculteur, déclare : "Nous sommes encore là à espérer des miracles".
Les autorités locales font face à des critiques croissantes concernant leur gestion de la crise. Delcy Rodriguez a tenté de rassurer en affirmant que "des gens vivants ont été retrouvés", mais les efforts de secours ont été entravés par des restrictions d'accès imposées aux bénévoles. "Il faut un permis pour sauver des vies, c'est une aberration", s’indigne Carlos Itriago.
L'ONU évalue les dommages à environ sept milliards de dollars, soit 6 % du PIB du pays, déjà affaibli par une crise économique et des troubles politiques. La situation s'avère critique pour une population déjà éprouvée, maintenant confrontée à l'urgence humanitaire.







