Jacques et Jessica Moretti, gérants du bar Le Constellation, installé à Crans-Montana depuis dix ans, sont désormais au centre d'une enquête suite à l'incendie dévastateur survenu lors de la nuit du Nouvel An, faisant 40 morts et 119 blessés. Le ministère public suisse a annoncé le 3 janvier 2026 l'ouverture d'une instruction pénale pour homicide et lésions corporelles par négligence.
Les premiers éléments de l'enquête laissent entendre que le drame pourrait avoir été causé par des bougies inappropriées placées trop près du plafond dans le sous-sol de l'établissement. Avant d'impliquer pleinement les Moretti, l'enquête devra examiner minutieusement leur responsabilité.
Suivi des normes de sécurité contesté
Jacques Moretti, originaire de Ghisonaccia en Corse, et Jessica, de la Côte d'Azur, ont acquis le bar en 2015. Selon Corse-Matin, leurs locaux avaient fait l'objet de contrôles réguliers, Moretti affirmant même que son établissement avait été vérifié trois fois en dix ans. Cependant, la réalité des mesures de sécurité en place est mise en question, notamment la conformité des travaux réalisés dans le sous-sol et la nature des matériaux utilisés.
Interrogé à ce sujet, Moretti a déclaré : « Laissez-nous tranquilles, nous sommes aussi en deuil ». Des témoins indiquent que les issues de sécurité ont été obstruées par des clients en panique, ce qui est incompatible avec les normes suisses qui exigent des passages dégagés et bien indiqués.
Des experts s'expriment
Des spécialistes de la sécurité incendie soulignent que des matériaux inflammables, tels que la mousse acoustique utilisée dans le sous-sol, peuvent considérablement aggraver de telles situations. Jean Dupont, expert en sécurité, affirme : « Une étude approfondie de ces matériaux est essentielle pour comprendre comment l'incendie a pris de telles proportions ».
La procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a précisé que bien qu'il y ait des soupçons, la présomption d'innocence prévaut tant qu'aucune condamnation n'est prononcée. Jusqu'à présent, les Moretti ne sont ni en détention provisoire ni assignés à résidence, selon un porte-parole de la police cantonale.
La tragédie a suscité une immense vague d'émotion dans la communauté, avec des hommages aux victimes et des appels à la mise en place de normes de sécurité plus strictes dans les lieux publics, comme l'indique Nice-Matin. Les résultats complets de cette enquête pourraient avoir des répercussions considérables sur les pratiques de sécurité dans toute la région.







