Le 20 janvier dernier, avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, une promesse de rupture avec l'interventionnisme traditionnel est annoncée. Fin des guerres lointaines, recentrage sur les intérêts nationaux : l'heure est aux grandes déclarations. Cependant, un an plus tard, le paysage se révèle paradoxal, mêlant interventions militaires au Nigeria, pression accrue sur l'Iran, et tentatives de renverser Nicolás Maduro au Venezuela. Cette dichotomie, à première vue contradictoire, cache en réalité une stratégie stratégique cohérente : la résurgence de la doctrine Monroe, revisitée à la sauce Trump.
La doctrine Monroe, énoncée en 1823, établissait les bases d'une zone d'influence exclusive des États-Unis en Amérique latine, considérant toute ingérence étrangère comme une menace directe. Au fil des ans, cette doctrine a guidé la politique américaine dans la région, allant du "containment" des puissances européennes aux politiques de changement de régime. Trump, pourtant, ne réinvente pas la roue. Au contraire, il dépolie ce concept de son vernis diplomatique pour l'ajuster à un monde redevenu brutal. Dans sa vision, l'Amérique latine n'est pas simplement une périphérie idéologique, mais un espace vital pour la sécurité nationale.
Les enjeux sont multiples : narcotrafic, immigration illégale, présence militaire iranienne, russe ou chinoise - tout cela est perçu comme une menace directe vis-à-vis de la sécurité intérieure américaine. Le régime Maduro incarne cette inquiétude, étant à la fois un gouvernement autoritaire et proche des États hostiles aux États-Unis. Selon le commentaire d'experts, cette logique justifie pleinement des interventions en vue de rétablir l'ordre américain dans cette zone d'influence naturelle.
Cette approche s'inscrit également dans un contexte international profondément modifié. Le multilatéralisme, qui avait dominé les relations internationales, semble en déclin. Les Nations unies peinent à imposer des résolutions efficaces, et le droit international s'avère souvent contourné sans répercussions significatives. Dans ce vide stratégique, la montée en puissance de nations telles que la Chine, l'Inde et la Russie redessine les contours du pouvoir mondial.
Dans ce cadre, Trump adopte une posture résolue, en affirmant que les États-Unis n’ont plus le luxe de la retenue. La situation au Venezuela concentre toutes les lignes rouges, avec un régime faisant l’objet de sanctions internationales, ajoutant à son rôle en tant que plateforme pour des puissances adverses. Refuser d'agir serait perçu comme un aveu de faiblesse, rendant l'intervention non seulement légitime, mais nécessaire.
Le débat sur la pertinence du droit international se pose alors avec acuité. À quoi sert cette législation quand elle ne parvient pas à établir la sécurité ou à créer un consensus ? Les États-Unis, sous Trump, choisissent de répondre à cette question de manière pragmatique, mettant l'accent sur leur positionnement géopolitique, plutôt qu'en se référant à des normes qui, selon eux, n'apportent pas l'assurance requise dans un monde de plus en plus hostile.
Les Européens, dans ce contexte, ont du mal à se faire entendre. Fracturés politiquement et économiquement dépendants, ils semblent souvent relégués au rôle de spectateurs. Comme l'indiquent plusieurs analystes, ils doivent impérativement reconceptualiser leur position sur la scène internationale pour ne pas s’effacer au profit d’une dynamique que leur discours énorme ne parvient pas à dépasser.
Au final, le renversement de Maduro s'inscrit dans une logique de réajustement stratégique, loin de la quête d'une démocratie vénézuélienne. Trump se positionne plutôt en défenseur de la suprématie américaine, conscient que tout signe de faiblesse pourrait être exploité par ses rivaux. La forte dominance des États-Unis, palpable dans la sécurisation de leur territoire et de leurs ressources, demeure un facteur clé dans cette configuration.







