Khan Younès (Territoires palestiniens) - "Ils ont été présents tout au long de la guerre". Adam Asfour, un petit garçon dont le bras gauche est marqué par les éclats d’obus, exprime son désespoir face à la possibilité que Médecins sans frontières (MSF) abandonne la bande de Gaza. Selon des sources, l'État israélien a ordonné à 37 ONG, dont MSF, de quitter le territoire d'ici début mars, à moins qu'elles ne transmettent la liste de leurs employés palestiniens, une exigence largement critiquée par la communauté internationale.
Cette décision, justifiée par des considérations de sécurité, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les patients en détresse. Adam, qui a été blessé lors d'un bombardement le 1er septembre, ne cache pas son inquiétude : "C'est vraiment difficile de penser qu'ils pourraient ne plus être là". Dans la chambre d'hôpital où il se trouve, entouré de nombreux autres enfants, tous expriment le même espoir : celui d'un sursis pour l'organisation.
Des membres de MSF parcourent encore les couloirs de l'hôpital Nasser, un des derniers établissements de santé offrant des soins, alors que l'acheminement de l'aide humanitaire reste problématique en raison de la trêve fragile qui prévaut entre Israël et le Hamas. Claire Nicolet, coordinatrice des urgences pour MSF, souligne l'importance d'une "continuité des soins" pour les jeunes patients, dont Joud, un garçon de 18 mois qui a subi de graves brûlures. "Son état s'est stabilisé et il répond bien aux traitements", dit-elle, visiblement soulagée par ses progrès.
MSF indique qu'elle couvre environ 20 % des lit de l'hôpital de Gaza et a déjà réalisé plus de 800 000 consultations médicales cette année. Claire avoue qu’un départ rapide serait "irréaliste" sans causer d'énormes répercussions sur la santé publique. L'ONG offre une gamme de services allant de la pédiatrie au traitement des brûlures, illustrant l'absence d'alternatives viables pouvant prendre la relève de leurs missions vitales.
Au sein de l'équipe de MSF, le futur est incertain. Kelsie Meaden, responsable logistique, affirme: "Nous continuerons de travailler aussi longtemps que possible". Néanmoins, l'entrée de nouveaux personnels internationaux et le réapprovisionnement des stocks médicaux deviennent de plus en plus délicats. "Bien que nous n'ayons pas encore épuisé nos ressources, nous devons nous préparer à d'éventuelles pénuries", avertit-elle.
De plus, le ministère israélien de la Diaspora a accusé plusieurs employés de MSF d'entretenir des relations avec des groupes armés, ce que l'organisation dément. Ces tensions s'accompagnent d'accusations selon lesquelles le Hamas utiliserait des hôpitaux comme couverture, des affirmations que l'armée israélienne continue de défendre. Dans ce climat d'incertitude, les soignants à l'hôpital Nasser continuent de prodiguer des soins dans des conditions extrêmement difficiles, un véritable acte de bravoure en ces temps de crise.
Alors que la situation se complique de jour en jour, des voix comme celle d'Iyad Youssef, qui accompagne son fils traité pour des brûlures, se manifestent : "Nous espérons que Dieu récompensera ceux qui nous aident". Beaucoup à Gaza partagent ce sentiment d'espoir et de gratitude envers MSF, alors que l'avenir de la mission humanitaire demeure en balance.







