Un rapport alarmant publié par l'Unicef met en lumière la montée en flèche des deepfakes sexuels impliquant des enfants, générés par l'intelligence artificielle. Cette situation nous pousse à réfléchir aux images que nous publions sur les réseaux sociaux.
Selon l'étude diffusée le 4 février, l'Unicef s'inquiète de l'« explosion des images d'enfants détournées et sexualisées ». Environ 1,2 million d'enfants ont déclaré avoir vu leurs photos transformées en deepfakes sexuels explicites au cours de l'année passée, seuil qui représente parfois un enfant par classe dans plusieurs pays.
Les données ont été compilées dans onze pays, dont l'Arménie, le Brésil, et le Maroc. Ce phénomène n'épargne pas la France, comme en témoigne le scandale récent lié à Grok, une IA sur X, qui déshabille les individus à la demande.
En 2024, la Fondation pour l'enfance notait que près de la moitié des images d'enfants sur des forums pédocriminels furent préalablement publiées par leurs parents. La France est actuellement l’un des pays les plus touchés par la pédocriminalité, avec plus de 800 signalements quotidiens à l'Ofmin. La part des deepfakes dans ces images complique également le travail des enquêteurs spécialisés.
L’intelligence artificielle a exacerbé cette menace, rendant possible la génération d’images pédopornographiques en quelques secondes. De plus en plus d'images sont créées chaque jour, souvent par des camarades de classe dans des cas de cyberharcèlement. Les pédocriminels utilisent ces technologies pour exploiter des photos volées sur les réseaux sociaux, rendant la lutte contre ce fléau d'autant plus complexe.
Pour contrer cette montée des dangers, la législation française a été renforcée. Produire ou détenir des contenus pédopornographiques, même générés par IA, est passible de cinq ans d'emprisonnement et d'amendes élevées selon l'article 227-23 du code pénal.
Éviter de diffuser des images de vos enfants de manière incontrôlée
Malgré les risques, de nombreux parents continuent de partager des photos de leurs enfants. Une étude de l'Observatoire de la parentalité indiquait que plus de la moitié des Français publient des images de leurs enfants en ligne. Ces moments de joie peuvent se transformer en cible pour des prédateurs, car une fois qu'une image est mise en ligne, elle devient difficile à contrôler.
Les spécialistes recommandent aux parents de restreindre la diffusion d'images de leurs enfants. Limiter l'accès à leurs comptes et sécuriser les publications sont des approches suggérées par la CNIL pour diminuer les risques. Utiliser des services de messagerie privés et des partages éphémères peut également aider à protéger ces images.
Les parents peuvent également envisager de masquer les visages de leurs enfants sur les photos avant de les publier. Cependant, il est crucial de garder à l'esprit qu'aucune mesure ne garantit une sécurité totale. La prudence et la réflexion restent les meilleures stratégies pour éviter des situations potentiellement dangereuses.







