En 1998, le Portugal est devenu le premier pays européen à faire face aux ravages du nématode du pin, un parasite ayant des conséquences dévastatrices sur ses forêts. Malgré cela, les forestiers continuent à planter des pins maritimes, faisant du pays un lieu crucial d'expérimentation et de recherche pour le reste du monde. Le 12 février, après un mois marqué par des intempéries successives, un répit s’offre enfin aux forêts.
À Alcobaça, située à 130 kilomètres au nord de Lisbonne, les troncs de pins de 40 ans sont brisés, offrant un aspect désolé, semblable à celui des forêts aquitaines après la tempête Klaus en 2009. Dans ce contexte, Marco Mendes, membre de l'Association des producteurs forestiers d'Alcobaça et de Nazaré (APFCAN), et des experts comme Dr. Maria de Lurdes Inacio de l'INIAV, explorent les méthodes de lutte contre le Bursaphelenchus xylophilus, le nématode en question.
Des efforts constants pour planter des pins
Le nématode, transporté par le coléoptère Monochamus galloprovincialis, peut décimer un arbre adulte en quelques mois. Bien que le Portugal ait identifié ce parasite trop tard, il a réussi à en limiter l'expansion. Cependant, un tiers de ses forêts de pins a disparu et des eucalyptus, qui sont plus rentables pour l'industrie du papier, ont colonisé l'espace.
"Nos recherches indiquent que le Monochamus est attiré par les grands pins, c'est pourquoi des pièges sont placés en hauteur," explique le Dr. Bonifacio.
Marco Mendes insiste sur l'importance du pin maritime, qui lutte contre l'érosion des dunes littorales et contribue à la biodiversité. Malgré les défis, des mesures de gestion sont mises en place, incluant l'utilisation de pièges chimiques spécifiques pour attraper les coléoptères vectorisant le nématode. Les avancées en matière de lutte ont permis de réduire la mortalité des pins à 10%.
Écologie et gestion durable
Le travail ne s'arrête cependant pas là. Chaque hiver, l'APFCAN abatte et broie les arbres malades pour prévenir leur infestation. En se conformant aux conseils scientifiques, ils entourent les forêts de pins maritimes de plantations de pins pignons, moins attrayants pour le nématode. Aujourd'hui, le pays possède 600 000 hectares de pins maritimes et 100 000 hectares de pins pignons.
Ainsi, l'engagement des forestiers portugais et leur collaboration avec les scientifiques offrent un modèle de résilience face aux menaces écologiques. La lutte contre le nématode du pin pourrait inspirer d'autres pays confrontés à des défis similaires.







