"Des débris tombaient du toit, les fenêtres ont volé en éclat" : un fidèle survivant de l'attentat contre la mosquée Imam Bargah Qasr-e-Khadijatul Kubra raconte à l'AFP l'enfer qu'il a vécu lors de cette attaque, qui a coûté la vie à au moins 31 personnes.
Muhammad Kazim, âgé de 52 ans, était présent à la mosquée à l'heure de la grande prière du vendredi, un moment sacré pour les musulmans. Il était arrivé peu après 13 heures locales (08H00 GMT) et a décrit les événements tragiques qui ont suivi.
"Alors que nous commencions la prière, des coups de feu ont retenti. Juste au moment où nous étions inclinés, l'explosion s'est produite", a-t-il expliqué. Bien qu'il ait survécu, son ami a été blessé durant cet attentat devastateur.
Les images décrites par Kazim sont terrifiantes : "Des débris tombaient du toit, le sol était jonché de fenêtres brisées et des corps inanimés. C'était une scène d'horreur", a-t-il poursuivi.
Au total, au moins 31 personnes ont perdu la vie dans cette tragédie, 169 autres ayant été blessées, d'après les informations fournies par la municipalité d'Islamabad.
Des journalistes de l'AFP sur place ont observé des flaques de sang, des vêtements et des restes de verre éparpillés, témoignant des destructions causées par la déflagration.
Les rescapés n'ont pas perdu de temps pour porter secours. "Les gens ont commencé à aider comme ils le pouvaient, en transportant les blessés dans le coffre de leurs voitures vers les hôpitaux, alors que les ambulances mettaient près de 25 minutes à arriver", a raconté Kazim.
Il a accompagné son ami à l'hôpital de l'Institut pakistanais des sciences médicales (PIMS), où le personnel médical a dû gérer un afflux massif de blessés jusqu'à tard dans la nuit.
- "Constamment menacées" -
Imran Mahmood, un autre fidèle, a été témoin direct de l'attaque. Selon ses dires, le groupe jihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué l'attaque, a ciblé les musulmans chiites dans cette région, comme il l'a fait ailleurs dans le monde.
"Un agent de sécurité de la mosquée a réussi à tirer sur le kamikaze alors qu'il tentait de s'introduire. L'assaillant est tombé mais s'est rapidement relevé. Un complice a ouvert le feu sur nos bénévoles, ce qui a permis au kamikaze de s'approcher et de faire exploser ses explosifs au portail", a détaillé Mahmood.
Cette attaque est la plus meurtrière à Islamabad depuis 2008, lorsque 60 personnes avaient été tuées dans un attentat-suicide au célèbre hôtel Marriott. Muhammad Kazim a alors exprimé son inquiétude : "Les mosquées chiites sont constamment menacées et le gouvernement doit prendre cela très au sérieux".
Les appels à une meilleure protection de la communauté chiite se multiplient, alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans un pays où les musulmans sunnites sont majoritaires.







