En plein cœur des négociations sur le programme nucléaire iranien, les États-Unis accentuent leur préparation militaire autour de la République islamique. Une analyse d'images satellites, réalisée par Le Monde, révèle une mobilisation exceptionnelle des forces américaines dans cette région stratégique.
Cette stratégie, oscillant entre dialogue et militarisation, traduit l’approche complexe adoptée par Washington. Alors que des discussions constructives ont eu lieu le 17 février à Genève, Donald Trump commande un renforcement militaire sans précédent depuis l'invasion de l'Irak en 2003. Selon Seth Jones du Centre stratégique d’études internationales, la différence réside dans le fait que Washington privilégie les moyens aériens et navals, sans déployer de troupes terrestres significatives.
Malgré les réserves de certains alliés régionaux des États-Unis concernant cette escalade, le nombre d'avions de chasse sur leurs bases ne cesse d'augmenter. Les derniers clichés satellites montrent 59 avions de combat, dont des F-15 et F-35, stationnés à la base de Muwaffaq Salti en Jordanie, une augmentation significative révélée par Le Monde.
Des expertises, notamment celles de Military Air Tracking Alliance (Mata), indiquent que non seulement des avions de chasse, mais également un afflux de ravitailleurs et d’appareils de reconnaissance s'acheminent vers la péninsule Arabique. Selon Joseph Henrotin, rédacteur en chef de Défense et Sécurité internationale, ce déploiement se caractérise par une concentration accrue de moyens, rendant les forces américaines plus réactives et performantes en cas d'engagement.
Accumulation d’aéronefs
Les derniers relevés ont identifié au moins 108 appareils, y compris des C-17, réalisant des allers-retours entre l'Europe et la péninsule Arabique. Par ailleurs, des porte-avions comme l'USS Gerald-R.-Ford, actuellement dans la Méditerranée, sont déployés avec plusieurs destroyers, ce qui augmente encore la tensions avec l'Iran.
Le New York Times souligne la présence croissante de navires de guerre armés de missiles croisés et de systèmes de défense qui sont stratégiquement positionnés pour faire face à une possible riposte iranienne. De plus, l'Iran a exprimé dans une lettre au secrétaire général des Nations Unies ses inquiétudes face à cette escalade militaire, menaçant de riposter à une éventuelle attaque.
La situation est donc tendue, alors que Trump fixe un ultimatum de deux semaines pour parvenir à un accord avec Téhéran tout en maintenant la menace d'une action militaire. Une posture qui alimente les craintes d'un conflit ouvert dans la région.







