Dix ans après l’adoption de la loi de 2016, l'État continue de faire preuve d'une "intransigeance" totale envers les réseaux de proxénétisme, a déclaré Aurore Bergé. Lors de son intervention, elle a rappelé que cette loi avait marqué un tournant, en remplaçant le délit de racolage par la pénalisation des clients.
"Beaucoup d’énergie et de moyens" ont été dépensés au cours de cette dernière décennie pour s'attaquer au phénomène du proxénétisme, a repris la ministre lors d'une interview accordée à l'AFP, à l'approche d'un comité interministériel prévu pour lundi sur cette problématique.
"Notre message est clair : les personnes en situation de prostitution doivent être protégées, tandis que la responsabilité doit incomber aux clients et aux proxénètes," a-t-elle ajouté.
1.442 contraventions dressées en 2025
Pour mener à bien cette lutte, le gouvernement a mis en place des mesures efficaces, signale Aurore Bergé, comme la suppression du titre de séjour pour les individus en situation irrégulière impliqués dans ces réseaux, ainsi qu'un renforcement des contrôles sur les faux salons de massage à Paris.
"En 2025, plus de 220 contrôles ont été réalisés, entraînant déjà une vingtaine de procédures judiciaires," a-t-elle précisé.
Malgré ces efforts, le nombre de contraventions pour les clients demeure insuffisant, avec seulement 1.442 infractions relevées en 2025, selon des données diffusées par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof).
Un "axe d'amélioration" est donc essentiel, admet la ministre, surtout dans un contexte où les réseaux de proxénétisme sont souvent interconnectés avec ceux de trafficking de drogue.
D'après Aurore Bergé, le péril que représente la prostitution va bien au-delà des individus concernés, puisqu'elle véhicule des stéréotypes sur la domination et la violence, impactant ainsi les relations interpersonnelles et sociales. La lutte contre ce phénomène est d'autant plus cruciale dans des sociétés où les jeunes semblent régresser sur des sujets aussi importants que l'égalité et la violence.
En 2026, le ministère prévoit d'augmenter son budget consacré à la lutte contre la prostitution, passant de 3,3 millions en 2019 à 7,5 millions d'euros.







