La préfecture de la Haute-Garonne a introduit un recours pour annuler le second tour des élections municipales à Tournefeuille, située à l’ouest de Toulouse. Le préfet a saisi le tribunal administratif pour invalider ce scrutin, rappelant que les résultats étaient d'une extrême précision, avec seulement une voix d'écart.
Lors de ce second tour, le maire sortant, Frédéric Parre, a remporté l'élection avec 6262 voix contre 6261 pour son challenger, Laurent Soulié. Ce dernier, insatisfait des résultats, avait déjà signalé au tribunal des anomalies observées au cours du dépouillement. Tous les bulletins dits valides sont actuellement sous scellés dans les locaux de la police municipale de Tournefeuille.
Des irrégularités notables relevées par les services de l'État
La préfecture a scrupuleusement analysé le matériel électoral et a constaté plusieurs anomalies. Dans un bureau de vote, le nombre de votants dépassait d'une voix le total d'émargements ; dans un autre, un bulletin pour le maire sortant avait été glissé dans une enveloppe avec une carte d'électeur, ce qui constitue une infraction selon le code électoral. De plus, un écart de trois voix a été décelé entre le nombre de bulletins et d'enveloppes.
Ces irrégularités, conjuguées à un écart si serré entre les deux candidats, remettent en question la "sincérité du scrutin", selon les déclarations du préfet. Pour lui, il est donc essentiel d'invalider l'intégralité de l'élection.
Le candidat perdant s'estime "conforté" par ce recours
Pour Laurent Soulié, ce recours de la préfecture corrobore ses préoccupations. Interrogé par ICI Occitanie, il a exprimé : "Cette demande de recours rejoint la nôtre, ce qui est positif. Cela valide notre position et souligne la gravité des irrégularités." Soulié milite pour une nouvelle élection municipale pour retirer aux électeurs le droit de vote, estimant que, dans un scrutin aussi disputé, il est crucial de garantir l’intégrité du processus électoral.
Bien que l'ancien maire n'ait pas été réceptif à la suggestion de démissionner pour faciliter un nouveau vote, Soulié insiste : "Quand il y a un doute, on ne doit pas s'accrocher à son siège mais redonner la parole aux électeurs."Le tribunal administratif, contacté par ICI Occitanie, a précisé que la décision dépendra de l'avis de la commission nationale des comptes de campagne. L'instance judiciaire disposera de trois mois pour rendre son verdict, mais aucune date d'audience n'est actuellement fixée.







