Le Sénat restreint l'aide à mourir : une réforme en débat

La commission des affaires sociales du Sénat propose une aide à mourir plus encadrée.
Le Sénat restreint l'aide à mourir : une réforme en débat

Les sénateurs de la commission des Affaires sociales ont adopté, ce mercredi, une version révisée de la réforme de la fin de vie, transformant le dispositif d'aide à mourir soutenu par les députés en une "assistance médicale" plus rigoureuse, exclusivement dédiée aux malades dont la fin de vie est imminente.

Cette session, qui a eu lieu dans la matinée, s'inscrit dans le cadre d'une réforme sociétale que le président Emmanuel Macron a qualifiée de priorité pour son quinquennat. Les propositions de loi sur l'aide à mourir et les soins palliatifs seront débattues dans l'hémicycle les 11, 12 et 13 mai, mais l'avenir de la première semble préoccupant.

Sous la direction des rapporteurs Les Républicains Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat, le texte a été largement resserré, se concentrant sur une "assistance médicale à mourir" applicable uniquement aux patients ayant un pronostic vital engagé "à court terme", c'est-à-dire pour ceux dont les jours sont comptés. Cela contrastait avec la proposition précédente qui visait les malades en "phase avancée" ou "terminale".

"Nous défendons une assistance pour ceux qui vont mourir, et non pour ceux qui souhaitent mourir", a déclaré Christine Bonfanti-Dossat à l'AFP, qualifiant le texte voté à l'Assemblée de "beaucoup trop permissif".

Cette version alternative avait déjà été retenue lors de la première lecture en janvier, mais n'avait pas réussi à convaincre lors de la séance publique, conduisant le Sénat à rejeter la réforme après des débats dispersés.

La position des sénateurs reste incertaine, car la majorité est divisée. D'un côté, les partisans d'une ligne stricte déplorent toute forme d'euthanasie, comme le président des Républicains, Bruno Retailleau. De l'autre, certains soutiennent néanmoins la version restreinte adoptée en commission dans l'espoir d'influencer l'issue. "Si nous ne proposons pas une alternative, c'est le texte de l'Assemblée nationale qui finira par être adopté", a averti Bonfanti-Dossat.

En cas de divergences persistantes entre les deux chambres, le gouvernement pourrait accorder le dernier mot aux députés, qui disposent d'une majorité solide en faveur d'un droit à l'aide à mourir, déjà approuvé par deux fois dans des termes similaires.

L'examen de cette réforme, maintes fois retardé, peine à se concrétiser. Le gouvernement espère néanmoins une entrée en vigueur avant la suspension des travaux parlementaires en juillet.

L'autre texte examiné, portant sur les soins palliatifs, a trouvé un écho beaucoup plus favorable et a été adopté sans modification en commission, ce qui augure d'une adoption définitive mi-mai.

Lire aussi

Le Sénat restreint l'aide à mourir : une réforme en débat
Découvrez comment la commission des affaires sociales a modifié le dispositif d'aide à mourir au Sénat, réservant l'assistance médicale aux malades en fin de vie.
13h39
Sarkozy face aux doutes de Guéant : un appel plein de rebondissements
Lors de son procès en appel, Nicolas Sarkozy remet en question la véracité des déclarations de Claude Guéant sur le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
11h12
Le débat autour du Master Poulet à Saint-Ouen : entre précarité et santé publique
Découvrez l'analyse de Pascale Hébel sur la polémique des fast-foods à Saint-Ouen et l'insécurité alimentaire en France.
06h51
Sébastien Lecornu pourrait visiter le Sud-Ouest en mai pour discuter de la LGV Bordeaux-Toulouse
Début mai, Sébastien Lecornu pourrait se rendre dans le Sud-Ouest pour clarifier l'avenir de la LGV Bordeaux-Toulouse lors d'une rencontre avec les présidents de région.
06h24
Prison avec sursis pour un ex-candidat du Rassemblement national : un faux justificatif à l'origine de la condamnation
Un ancien candidat du Rassemblement national à Vernon a été condamné à quatre mois de prison avec sursis. Découvrez les détails d'une affaire qui soulève des interrogations sur l'intégrité électorale.
01h05
Des députés LFI défendent Macron après les attaques de Trump
Des députés français réclament des mesures contre les propos insultants de Trump à l'égard de Macron. Un acte de dignité nationale après une déclaration controversée.
00h34