Un accord concernant les exportations d'armement vers Taïwan, déjà approuvé par le Congrès, n'a pas encore reçu le feu vert de Donald Trump. Ce retard est attribué à un inventaire dans le cadre de l'opération Fureur épique, a déclaré le secrétaire à la Marine, Hung Cao, le 21 mai. Cette explication suscite des doutes parmi les observateurs internationaux.
"Les États-Unis risquent-ils d'épuiser leurs stocks d'armes ?", s'interroge Al-Jazeera dans un article du 23 mai. La chaîne qatarie rappelle les propos de Hung Cao concernant l'exportation de matériel vers Taïwan et souligne que l'armée américaine semble utiliser ses réserves de munitions plus vite qu'elle ne peut les renouveler. Selon The Hill, des milliers de missiles ont été déployés depuis le début des hostilités le 28 février, entraînant une pression significative sur les stocks disponibles.
Explications contradictoires
À Taipei, les autorités taïwanaises ont exprimé leur surprise et affirmé ne pas avoir été informées de changements potentiels dans les ventes d'armes américaines. Les affirmations de Hung Cao semblent en contradiction avec celles de Donald Trump, qui avait suggéré que ce retard permettrait de faire pression sur la Chine. Reuters souligne que ces ventes sont régies par le Taiwan Relations Act de 1979, sans lien direct avec la guerre en Iran.
Cette déclaration intervient peu après la récente visite de Trump à Pékin, où la question taïwanaise a été soigneusement évitée. Le président américain a déclaré sur Fox News qu'il n'est pas question de rechercher l'indépendance de Taïwan, une phrase qui a suscité des préoccupations à Taipei quant à une potentielle attitude plus ferme des États-Unis.
Bifurcation imprévisible
"La stratégie des États-Unis vis-à-vis de Taïwan repose sur un équilibre délicat, visant à soutenir l'île sans la reconnaître comme indépendante, ce qui risquerait de provoquer la colère de Pékin," rappelle The New York Times. En réponse aux tensions croissantes, des exercices militaires sont de plus en plus fréquents, et une centaine de navires chinois ont été observés dans les eaux environnantes, tandis que la population taïwanaise se mobilise pour renforcer sa défense.
Avant la visite de Trump à Pékin, le président chinois Xi Jinping avait demandé un traitement prudent de la question des ventes d'armes. Cependant, l'issue semble incertaine, surtout après les déclarations de Trump concernant un possible appel avec le président taïwanais Lai Ching-te. Un tel appel serait un premier entre des dirigeants en exercice depuis 1979, renforçant les interrogations sur les intentions américaines et plongeant la situation dans un brouillard incertain.







