Dans un contexte où l’influence de l’extrême droite semble croître, l’Humanité a rencontré Angélique Thiallier, agricultrice et vice-présidente du Modef. Son témoignage révèle les inquiétudes grandissantes parmi les agriculteurs face à des discours jugés dangereux.
Installée dans le Puy-de-Dôme, Angélique, en famille, gère un élevage de 75 montbéliardes et cultive 140 hectares. Présidente du Modef Puy-de-Dôme depuis 2023, elle est également vice-présidente nationale du syndicat. Elle observe avec une inquiétude croissante le succès de la Coordination Rurale, qui a fait une percée aux dernières élections des chambres d'agriculture, même dans une circonscription historiquement ancrée à gauche.
« Le discours de l’extrême droite et de la Coordination Rurale est préoccupant, » avertit-elle. « Leur posture sur divers sujets touche à des questions vitales comme l’usage de l’eau et les pesticides. Récemment, le RN a voté contre une loi essentielle visant à réduire la teneur en cadmium dans les engrais, ce qui pose un réel risque pour la santé publique. »
Angélique souligne une fracture dans le monde rural : « Les agriculteurs travaillent d’arrache-pied, mais beaucoup se sentent abandonnés face à la crise des services publics, ce qui crée un terrain fertile pour des promesses simplistes. » Elle appelle à une mobilisation collective pour contrer l'attrait des discours extrêmes et promouvoir des alternatives viables.
Avec le Modef, elle parcourt les campagnes, dialoguant avec les agriculteurs pour partager une vision respectueuse des exploitations de petite taille et centrée sur l'environnement. « Nous avons réussi à convaincre certains membres de la CR de rejoindre notre mouvement. Bien que difficile, cet engagement est essentiel, » conclut-elle.







