Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a exprimé, lors d'une allocution récente, son inquiétude face à une possible "ingérence inacceptable et intolérable" liée à des menaces de sanctions américaines pesant sur des magistrats. Ces déclarations interviennent alors que la presse, dont l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, rapporte que l'administration Trump envisagerait de sanctionner les juges ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier.
Le dirigeant du RN, notamment reconnu pour ses discours qui font polémique, ainsi que le parti lui-même, doivent faire face à la cour d'appel de Paris à partir de mardi. Ils sont soupçonnés de détournement de fonds provenant du Parlement européen, des accusations qui, si confirmées, pourraient sérieusement entamer leur crédibilité auprès de l'électorat.
Dans son discours, Peimane Ghaleh-Marzban a insisté sur la nécessité d'élever la voix contre ces menaces, en évoquant le cas de Nicolas Guillou, magistrat français à la Cour pénale internationale, qui fait déjà l'objet de sanctions américaines en raison de son travail sur des dossiers sensibles. Le président du tribunal a ajouté que de tels actes seraient perçus comme une atteinte à la souveraineté judiciaire française.
Ce climat de tension entre les États-Unis et la France sur des questions judiciaires n'est pas nouveau. En mars dernier, Donald Trump avait comparé les problèmes judiciaires de Marine Le Pen à ses propres déboires, une affirmation qui avait suscité des critiques au sein de l'Hexagone. Selon BFM TV, certains experts juridiques estiment que cette situation pourrait créer un précédent dangereux pour l'indépendance des magistrats en France.
Alors que le procès se profile, l'attention se porte non seulement sur le Rassemblement national et ses représentants, mais aussi sur la réaction de l'État français face à ces menaces extérieures. Les observateurs s'interrogent : quelles seront les conséquences d'une ingérence potentielle sur le paysage politique français ?







