Dans ce climat d'incertitude, les résultats des élections en Argentine, en Bolivie et au Chili signalent un changement radical. En Argentine, la coalition dirigée par Javier Milei a surpris en obtenant une majorité lors des élections législatives d'octobre. Bolivie, de son côté, voit la gauche traditionnelle, après près de vingt ans de pouvoir, battue, tandis qu'au Chili, l'ultraconservateur José Antonio Kast se positionne comme le potentiel président, ayant remporté 58 % des voix.

Cette tendance à droite défie parfois la logique, comme le montre le succès électoral de Milei malgré les restrictions budgétaires imposées. Près de 40 % des électeurs argentins ont choisi sa coalition, illustrant ainsi une forte adhésion à ses idées, y compris sur des sujets tels que le mariage pour tous et l'avortement, qui suscitent le rejet de ses partisans.

La fin d’une époque

Les changements se font également sentir en Bolivie, où le Mouvement vers le socialisme a échoué à proposer un candidat unificateur. Le nouveau vainqueur, Rodrigo Paz Pereira, incarne une approche plus centriste. Selon la sociologue María Teresa Zegada de l'Universidad Mayor, cela reflète un éloignement des clivages traditionnels.

Au-delà, la gauche en Équateur et au Honduras a également subi de lourdes pertes. Daniel Noboa, le président réélu d'Équateur, a promis un gouvernement ferme, tandis qu’au Honduras, avec l'arrivée au pouvoir de Nasry Asfura, des soutiens controversés sont attendus, notamment des liens avec Donald Trump, qui a exprimé son soutien à travers des déclarations publiques.

Dans ce tourbillon, des figures du passé, telles que Hugo Chávez ou Evo Morales, rappellent les promesses fragiles des gouvernements de gauche. Le désenchantement des électeurs face à ces administrations laisse place à une nouvelle dynamique axée sur l'autorité et la sécurité.

Milei : symbole d'une nouvelle ère

Qui sont les électeurs de Javier Milei? Selon le média La Nación, il s'agit principalement de jeunes issus des classes sociales les plus humbles. Ils se reconnaitront dans ses discours anti-système et ses promesses de réduction des dépenses publiques. Milei, qui a frappé les esprits avec sa célèbre tronçonneuse, incarne une forme radicale de politique qui s'inspire des mouvements de droite internationale.

Cette situation est par ailleurs accentuée par l'affluence de puissantes figures de droite sur la scène mondiale, comme Trump, qui aurait pu influencer les résultats en Argentine, en promettant d'importants échanges économiques peu avant les élections.

Alors que le continent s'achemine vers de nouvelles échéances électorales en 2026, notamment au Brésil, au Costa Rica et en Colombie, il sera crucial pour les citoyens de rester vigilants face aux extrémismes, qu'ils soient de droite ou de gauche.


Connectas, plateforme d'analyse latino-américaine, continue de fournir des insights sur les évolutions politiques en cours.