Le maire d’Alata, Etienne Ferrandi, se représente à l'élection de mars 2026, mais c'est Véronique Pietri, son ancienne conseillère municipale, qui se dresse en face de lui. Après avoir quitté ses fonctions municipales en décembre dernier, l'élue de Core in Fronte a officiellement annoncé sa candidature.
Une candidature issue d’une rupture politique
Véronique Pietri, qui a été conseillère municipale aux côtés de Ferrandi depuis 2008, affiche désormais clairement sa volonté de prendre les rênes, sans étiquette. Cette décision s'appuie sur un désaccord profond concernant l'orientation future de la commune, qui, selon elle, a perdu de son âme. Alata, limitrophe d'Ajaccio, se distingue par sa population de plus de 3600 habitants dans la Communauté d'Agglomération du Pays Ajaccien, après sa grande ville sœur.
Le 1er décembre dernier, Pietri a remis sa démission à Ferrandi. Elle s'exprime sur RCFM pour formaliser son entrée en campagne. Réagissant à la nouvelle, le maire (Divers Gauche) a déclaré : "Tout le monde a le droit d’être candidat, donc moi, je vais faire campagne sur mon bilan et sur mon programme. Après, les électeurs, ils trancheront. Moi, je suis globalement serein avec une équipe qui a quelque chose à présenter."
Pietri déplore, quant à elle, un manque de vision stratégique en matière de développement, affirmant : "c’est une commune qui a complètement tourné le dos à tout ce qui donnait son âme à ce territoire."
L’enjeu du lien social
Pietri met également en avant le risque que sa commune devienne une "cité dortoir", sans véritable cohésion sociale. Elle s'interroge : "On laisse de côté le petit patrimoine, les places des petits paisoli." Elle plaide pour une réconciliation entre deux versants de la commune, historiquement et géographiquement distincts, en proposant un sentier de patrimoine.
De son côté, le maire défend son bilan en arguant que 91% des résidences dans la commune sont principales, une donnée qu'il considère comme un indicateur de la qualité de vie à Alata. Ferrandi souligne : "91 % de résidences principales. Je défie une autre commune de Corse d’avoir ce résultat-là." Il indique aussi que la commune dispose d'un plan local d’urbanisme qui, selon lui, garantit un équilibre entre zones constructibles et agricoles.
Les conseillers des deux camps n'ont pas encore présenté leurs listes. La tension monte alors que les électeurs se préparent à faire leur choix dans un peu plus de deux ans, dans un contexte où chaque voix comptera.







