Pour la première fois, Marie-Christophine et Charles-Antoine Erignac, les enfants de Claude Erignac, ont brisé le silence dans l'émission "C à vous" diffusée le 7 février sur France 5. Claude Erignac, préfet de Corse, a été tragiquement tué à Ajaccio le 6 février 1998. Les deux enfants, alors âgés de 24 et 20 ans, se penchent sur les souvenirs marquants liés à cette perte dévastatrice qui a profondément affecté leur vie.
Souvenirs d'un père
Marie-Christophine se souvient avoir appris la nouvelle par un appel de sa mère, un moment qu'elle décrit comme "un choc inqualifiable". Les enfants Erignac témoignent des effets durables de "l'Affaire Erignac" sur la mémoire de leur père, un homme dévoué à la République. Charles-Antoine évoque un père accessible, dont le bureau était toujours ouvert et qui participait activement à la vie publique. Leur quotidien en Corse était marqué par des moments simples, tels que des sorties au musée ou à la plage, bien loin de l'image sombre qui entoure son assassinat.
Le drame de 1998
Ce soir-là, le 6 février, les époux Erignac quittaient la préfecture pour assister à un concert lorsque des assaillants ont ouvert le feu sur Claude. "C'était un véritable piège", se souviennent les enfants, dépeignant une scène tragique survenue en pleine ville. Pour eux, cet événement reste gravé comme l'un des moments les plus sombres de leur existence.
Une douleur judiciaire persistante
Marie-Christophine a exprimé son désarroi concernant la culpabilité d’Yvan Colonna, déclarant : "Nous n'avons strictement aucun doute, et nous connaissons bien le dossier." Les multiples procès liés à cette affaire ajoutent à leur souffrance, les enfants Erignac dénonçant des tentatives de minimisation des actes criminels. Elle décrit ces tribulations judiciaires comme un traumatisme supplémentaire à la perte de leur père.
Reflexions sur la violence
Charles-Antoine confie son incompréhension face à cet acte violent. "Je ne comprends pas comment ces hommes peuvent justifier la violence alors qu'ils vivent dans un pays qui leur permet de s'exprimer librement," explique-t-il, réitérant qu'êtres indépendantistes pacifiques aurait été préférable. Il remet en question le combat mené par ses assaillants, estimant que la Corse appartient pleinement à la France.
Des zones d'ombre persistent
Malgré les condamnations, Charles-Antoine souligne un mystère persistant autour de l'affaire : "Nous ne savons toujours pas qui a commandité l'assassinat de notre père. C'est une incertitude qui ne cesse de raviver nos blessures," conclut-il. Ce manque de clarté judicaire continue de hanter les enfants Erignac, laissant leur douleur ouverte et inachevée.







