Tête de liste pour l’union de la gauche, Patrick Indjian, conseiller municipal d’opposition depuis 2020, a choisi l’humour pour captiver les électeurs de Rueil-Malmaison. Son objectif ? Remplacer l'édile en place depuis 2004, Patrick Ollier, maire (LR) et président de la Métropole du Grand Paris (MGP).
Les affiches au slogan provocateur, « Et si on changeait de Patrick en 2026 », accompagnées d’un QR Code intriguant, sont visibles dans les rues de Rueil-Malmaison. Indjian mise sur le dynamisme et l’originalité pour interpeller les électeurs, une stratégie qui s’avère efficace, selon ses dires. "Nous avons décidé d’aborder cette campagne de manière respectueuse et catégoriquement humoristique", a-t-il partagé lors d'une récente interview. "Cela a suscité un grand intérêt et beaucoup de retours positifs".
Une bataille de communication réussie
Patrick Indjian, âgé de 63 ans et fraîchement retraité d'un poste de cadre bancaire, a formulé des critiques sur la gestion de son prédécesseur tout en affirmant respecter son travail acharné. "Changer de Patrick ne doit pas justifier un programme, mais cela pourrait faire réfléchir les citoyens sur qui ils souhaitent voir à la tête de la ville".
Cette réinvention de la communication classique est une brèche dans le traditionnel paysage politique de Rueil-Malmaison. "Nous avons effectivement gagné en visibilité, même si le défi majeur demeure la conquête des voix", observe le candidat, conscient que la droite est encore largement majoritaire dans la commune.
Pendant les élections de 2020, Patrick Ollier avait bénéficié de 56,5% des voix dès le premier tour, mais finissant contraint d'affronter un second tour dans un contexte de faible participation, exacerbée par la pandémie. Pour Indjian, c'est le signe que l’usure du pouvoir commence à se faire sentir dans cette commune.
Une nouvelle ère politique ?
Patrick Indjian espère atteindre les 30% lors des prochaines élections. Conscient du changement sociologique de la ville, il note une montée d'une sensibilité écologique parmi les nouveaux habitants. Sa liste peut compter sur l'union de plusieurs forces de gauche, unité rare dans le contexte politique actuel, marqué par des tensions internes au sein de la gauche.
De son côté, Patrick Ollier a tardivement annoncé sa candidature. Sa campagne inclura des figures plus jeunes, comme le député Pierre Cazeneuve. Ollier répond au défi d'Indjian avec humour, affirmant que "changer de Patrick n’est pas un projet solide pour l’avenir de Rueil", tout en reconnaissant le petit effet humoristique des affiches adverses.
Malgré son âge avancé, Ollier a su appréhender les préoccupations de ses administrés, annonçant qu'il formera son successeur s'il est réélu, un geste qui pourrait rassurer ceux inquiets par son ascendance.







