Lors d'un récent dîner organisé par le CRIF, le Premier ministre Sébastien Lecornu a accusé le député LFI Aymeric Caron d'être l'un des "nouveaux antisémites", en s'appuyant sur des propos qu'il aurait soi-disant tenus en mai 2024. Cette déclaration a suscité une vive indignation de la part de l'élu insoumis, qui l'a qualifiée de "mensonge" sur son compte Twitter.
Dans sa réaction, Caron a nié avoir tenu les propos qui lui sont attribués, déclarant sur le réseau social qu'il n'a jamais prononcé une phrase pouvant être interprétée comme "digne des nazis". Après avoir consulté son avocat, Me Jean-Christophe Bonte Cazals, il a décidé de porter plainte pour diffamation.
Les tensions ont été exacerbées par le contexte des déclarations de Lecornu, qui a évoqué des commentaires controversés d'Aymeric Caron concernant la situation à Gaza. "Un chroniqueur devenu député a déclaré que certains ne font pas partie de la même espèce humaine que nous", a affirmé le Premier ministre, soulignant l'ambiguïté des propos de l'élu, qu'il considère comme une résurgence de l'antisémitisme dans l'espace public.
Les déclarations de Caron remontent à mai 2024, lorsqu'une publication sur les réseaux sociaux a évoqué la question de l'appartenance humaine en lien avec le conflit à Gaza. En réponse, Caron avait fait une déclaration explicite sur le sujet, ce qui a permis à Lecornu de l'utiliser contre lui lors du dîner du CRIF. Pour Lecornu, ces mots évoquent une autre époque, où l'antisémitisme semblait avoir disparu des débats.
Dans ses répliques, le député a souligné que la déclaration du Premier ministre s'inscrit dans une campagne diffuse de haine et de menaces à son encontre, qu'il subit depuis plusieurs années. "Cet agissement, qui n'a rien d'anodin, est une atteinte aux valeurs démocratiques", a-t-il insisté, appelant à une prise de conscience générale face à ce qu'il considère comme un comportement irresponsable.
Des experts et observateurs politiques s'inquiètent également de la montée des tensions autour de ces questions sensibles. "Nous observons une polarisation croissante dans le débat public sur l'antisémitisme et d'autres formes de discrimination, ce qui nécessite un dialogue ouvert et honnête", a déclaré un sociologue de la politique contemporaine.







