Les habitants du quartier de la cathédrale ont d'abord cru à une plaisanterie. Depuis le 1er avril, la boulangerie Duban, située rue des Changes à Chartres, expose des vitraux imposants représentant une vierge « boulangère » ! En entrant dans la boutique, une pancarte annonce la couleur : « Ici, dire bonjour ne vous sera jamais facturé », une invitation chaleureuse qui fait toute la différence dans cet établissement prisé.
Véronique, la gérante, est bien connue de sa clientèle. Après seize ans de passion à la tête de cette boulangerie, elle a décidé d’installer des vitraux pour remercier ses fidèles clients. « C'est une manière de célébrer notre communauté », dit-elle avec fierté.
« Une fréquentation en hausse »
Originaire de Corse et ayant longtemps vécu dans le Perche, Véronique raconte : « Nous sommes tombés amoureux de Chartres et avons construit notre réputation au fil des années. Ces vitraux sont notre cadeau aux habitants. » Et pour cet investissement de 30 000 euros, le couple a dû souscrire un crédit. « C'est un pari sur l'avenir, surtout en ce moment. Les touristes commencent à s'arrêter chez nous, prennent des photos… Nous avons constaté une augmentation de la clientèle, avec environ 200 visiteurs chaque jour ».
« Un éclairage enchanteur pour nos produits »
Ces vitraux de style art nouveau, posés sur les ouvertures latérales, présentent d'une part la cathédrale et d'autre part la vierge « boulangère », vêtue de la tenue traditionnelle beauceronne, entourée d'épis de blé. « Grâce au soleil, de magnifiques lumières illuminent mes produits », se réjouit-elle.
Les passants sont également séduits. « C’est original et très plaisant », déclare une cliente. Un autre curieux ajoute : « La transformation est magnifique avec le bleu de Chartres. Bravo à l’artiste ! ».
« Un savoir-faire vivant »
L'artiste à l'origine de ces créations est Paul Challan Belval, un maître-verrier basé à Neuvy-en-Dunois. Bien qu'ami des boulangers, il avoue : « Je n'avais jamais pensé à une telle commande. Quand ils m'ont contacté pour la réalisation, c'était un moment mémorable ». Après une validation auprès de la commission d'urbanisme, il a investi 1 500 heures de travail pour cette œuvre unique.
« Le vitrail fait 4 mètres carrés et pèse environ 100 kilos, grâce à 600 morceaux de verre soigneusement assemblés », précise-t-il. En France, nous possédons une richesse vitreuse inestimable, et l'artisan se dit fier de contribuer à faire vivre cet héritage. Les nouvelles vitrines ont été dévoilées au public le 31 mars, suscitant quelques interrogations : « Certains pensaient que c'était une blague du 1er avril ! » s’amuse Véronique, satisfaite de cet investissement.







