Le 25 et 26 avril, l’association Memoria y Exilio célébrera son 17e anniversaire et les 87 ans de la Retirada au Belvédère de Saint-Gaudens. Cet événement, impulsé par le président et fondateur Jules Estaran, vise à transmettre une mémoire essentielle pour la communauté locale.
Cette période marquante et parfois douloureuse de l’histoire a laissé des souvenirs gravés dans la mémoire de nombreuses familles commingeoises. En mémoire de la fuite de milliers d’Espagnols victimes du franquisme, l’association et ses 120 membres organisent deux journées de commémoration.
En février 1939, près de 450 000 Espagnols franchissent la frontière des Pyrénées pour fuir la répression. Le 6 février, 320 d’entre eux arrivent à Saint-Gaudens, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, alors que les hommes sont souvent regroupés par les autorités françaises. Cette situation est rappelée par Jules Estaran, qui souligne la précarité vécue à leur arrivée.
Les réfugiés sont logés dans des anciens haras dans des conditions très difficiles. Dix jours plus tard, le groupe est divisé et envoyé dans divers refuges à Gourdan-Polignan, Montréjeau et Miramont-de-Comminges. Jules Estaran rappelle que de nombreux réfugiés ont élu domicile ici et ont construit leur vie dans la région.
Déracinement
Arrivé à l’âge de deux ans avec ses parents, Jules Estaran se rappelle des défis liés à leur déracinement. Avant la mort de Franco, il était quasiment impossible de retourner en Espagne. Pour lui, la France symbolisait la liberté à cette époque sombre.
La barrière linguistique a souvent constitué un obstacle à l’intégration. L’association a été fondée pour renouer avec ce passé partagé et pour promouvoir la solidarité entre les habitants du Comminges. Elle souligne l’importance de garder en mémoire ces récits, révélateurs de l’histoire commune.
Actuellement, l’association intervient dans les collèges et lycées de la région pour sensibiliser les jeunes à cette histoire. « Aller dans les établissements permet de créer des liens », affirme Estaran, rappelant que beaucoup de jeunes ne connaissent pas leur propre passé.
Un week-end d’hommage
Le programme de ce week-end au Belvédère est riche. Le samedi matin à 10 h 30, le public pourra découvrir une exposition exclusive avec des documents historiques, tels que vieux journaux et livres, souvent restés dans l’ombre.
À 16 heures, Christina Furio, doctorante à l’université de Barcelone, animera une conférence sur l’opération Bolero Paprika, suivie d’un vernissage à 17 h 30.
Le dimanche, la journée débutera par une table littéraire à 10 h, en partenariat avec la librairie "L’Indépendante". L’après-midi sera consacré à un hommage au poète Antonio Machado, figure emblématique de l’exil, avec un concert poétique bilingue pour clore cette commémoration désormais ancrée dans le calendrier local.







