Ce projet de loi ambitieux prévoit d'augmenter le budget des armées françaises de 36 milliards d'euros, portant le total à 436 milliards d'euros d'ici 2030. À l'heure d'une guerre qui resurgit en Europe et d'un climat de tensions au Moyen-Orient, les députés se mobilisent pour actualiser la loi de programmation militaire déjà votée en 2023.
"Le monde se durcit tout autour de nous", déclare la ministre des Armées, Catherine Vautrin, qui justifie cette réforme nécessaire. Lors de la révision en commission de la Défense, elle a souligné que les bouleversements récents, comme ceux observés pendant les quarante jours de conflit au Proche-Orient, exigent une réévaluation. "Nous devons aller plus vite et frapper plus fort", a-t-elle insisté.
Insuffisant pour une confrontation face à la Russie ?
Bien que le texte bénéficie du soutien du bloc central et des socialistes, certains députés expriment des craintes quant à son efficacité face à une éventuelle confrontation avec la Russie. Alors que les alliances internationales, notamment avec les États-Unis, semblent fragilisées, des voix s'élèvent pour demander une approche plus audacieuse.
Yannick Chenevard, rapporteur du texte, avertit que les élections présidentielles de 2027 risquent de modifier le paysage politique et pourrait éveiller des attentes pour une nouvelle loi de programmation. "La situation internationale ne cessera de peser sur le prochain chef des armées, qui devra renouveler cette législation", estime-t-il auprès de l'AFP.
Le projet, qui sera débattu à l'Assemblée à partir de lundi, ne changera pas la structure des armées, mais se concentre sur des investissements critiques, tels que l'accroissement des munitions.
Un nouvel "état d'alerte de sécurité nationale"
Une des nouveautés les plus significatives est l'introduction d'un nouvel "état d'alerte de sécurité nationale". Cette mesure pourrait permettre de contourner diverses réglementations en cas de "menace grave" sur la Nation, ce qui soulève des inquiétudes à gauche. Certains craignent qu'elle n'ouvre la voie à des "régimes d'exception" basés sur des critères flous.
Le texte prévoit également des dispositifs pour lutter contre les drones indésirables, notamment dans les aéroports, où des incidents récents ont entraîné des suspensions de trafic. Les opérateurs pourraient ainsi utiliser des technologies de brouillage, y compris par le biais de sous-traitants.
Enfin, le projet inclut une campagne pour un nouveau service national militaire et volontaire, qui a débuté en janvier. Ce programme s'adresse principalement aux jeunes de 18 à 19 ans, visant à offrir une année de service rémunéré dans les armées. Cependant, son coût de 2,3 milliards d'euros sur cinq ans est critiqué par la gauche, qui y voit une tentative de tourner la page sur l'échec du Service national universel, introduit en 2019 sans jamais être généralisé.







