Emmanuel Macron est actuellement en visite en Arménie, une séquence diplomatique cruciale visant à solidifier le partenariat stratégique entre Paris et Erevan. Cet engagement prend une toute nouvelle dimension dans un contexte où la Russie, en considérant l'importance du Caucase, renforce sa propagande à un mois des élections législatives du 7 juin.
Ancienne République soviétique ayant obtenu son indépendance en 1991, l'Arménie se positionne à cheval entre l'Asie et l'Europe, attirant ainsi l'attention des grandes puissances. En effet, environ 90 % du blé arménien et une grande partie de son gaz proviennent de Russie, qui gère également la centrale nucléaire de Metsamor.
Une présence militaire russe persistante
Militairement, l'Arménie abrite une base russe à Gyumri, capable de recevoir jusqu'à 5 000 soldats. Des informations ukrainiennes ont récemment révélé que Moscou envisageait d'y intensifier sa présence militaire, dans le but de maintenir un contrôle fort sur la région du Caucase du Sud. Cette base se situe à proximité immédiate de la frontière turque, ce qui en fait une position stratégique, particulièrement dans le cas d'une éventuelle escalade avec l'Azerbaïdjan.
En 2023, lors d'une offensive azérie, l'Arménie a constaté l'absence de réaction de la Russie, ce qui a provoqué un gel inédit de sa participation à l'Organisation du traité de sécurité collective, une alliance militaire dominée par Moscou.
L'influence américaine croissante
Avec l'accord de paix historique entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, orchestré par Donald Trump, une nouvelle dynamique régionale se dessine. Ce « corridor de Zangezur » – rebaptisé en l'honneur de l'ancien président américain – est devenu un axe stratégique reliant Bakou à Kars en Turquie, tout en traversant le sud de l'Arménie.
La mise en place de ce corridor favorise un développement durable de l'influence américaine en zone caucasienne, facilitant des échanges de minerais précieux avec des compagnies américaines et turques. Toutefois, cela soulève aussi des interrogations quant aux effets sur l'Arménie, perçue comme affaiblie sur le plan politique et territorial.
Quel avenir pour l'Arménie au sein de l'UE ?
Le sommet entre l'UE et l'Arménie, prévu ce mardi, témoigne de la volonté d'Erevan de se rapprocher des Occidentaux. L'Arménie a émis le souhait d'adhérer à l'Union européenne, mais sans engagement officiel pour l'instant.
Cette recherche d'intégration est cependant contrecarrée par la Russie. Lors d'une intense rencontre à Moscou, Vladimir Poutine a averti le Premier ministre arménien des risques associés à une sortie de l'orbite russe, notamment en évoquant la dépendance énergétique de son pays. "Si vous vous tournez vers l'Europe, attendez-vous à payer le prix fort pour votre gaz", a-t-il déclaré, illustrant le dilemme complexe auquel fait face Erevan.
À l'approche des élections législatives, la Russie intensifie sa campagne d'influence en Arménie, utilisant des moyens variés de propagande pour façonner l'opinion publique et préserver son influence sur cette nation stratégiquement située. Selon des experts, cette fédération accrue pourrait orienter le résultat des élections : "Les élections en Arménie sont un test crucial dans une région où les puissances étrangères rivalisent d'influence", affirme un analyste politique local.







