Alexandra, une jeune mère de 29 ans vivant à Parempuyre, nourrit son bébé grâce à un tire-lait, après que son enfant n'ait pas réussi à prendre le sein. Plutôt que de laisser son lait à l’abandon, elle a pris la décision généreuse de faire don de trois à six litres par mois à un lactarium. Ce geste lui permet de surmonter une certaine culpabilité tout en offrant une vie potentiellement salvatrice à d'autres nourrissons.
« Enceinte, je n'étais pas vraiment sûre de vouloir allaiter, mais dès que mon fils est né, cela s'est imposé à moi », confie-t-elle. Malheureusement, elle ne pouvait pas allaiter directement, ce qui a été une déception. « Tout cela a évolué dans un contexte de soutien de ma sage-femme, qui était à mes côtés pour essayer de résoudre les difficultés que je rencontrais », précise-t-elle. Cela l'a obligée à tirer son lait, ce qui a engendré d'énormes quantités. Alexandra se souvient de la douleur ressentie lors de sa montée de lait, amplifiée par le manque d'accompagnement à domicile après l'accouchement.
Le trop-plein de lait a poussé Alexandra à ne pas le jeter, malgré le surcroît difficile à gérer. « On connaissait les bienfaits du lait maternel, quel gâchis de le jeter ! C'est ainsi qu'il a fini dans le bain de notre bébé, tout comme Cléopâtre », raconte-t-elle avec un goût d'ironie. À bout de nerfs et ne pouvant plus gérer le surplus, elle a contacté le lactarium de Bordeaux, qui a immédiatement envoyé une collecteuse.
Jessica, la collecteuse de lait, est devenue une alliée précieuse. « Grâce à elle, j'ai reçu des conseils sur l'allaitement et j'ai pu mieux gérer ma production », explique Alexandra. Aujourd'hui, elle réussit à donner régulièrement son lait tout en jouant le rôle de mère, même si cela reste un défi. « C'est épuisant et parfois frustrant, mais je m'accroche car je sais que cela peut aider d'autres bébés », affirme-t-elle.
Alexandra explique que sa production est très adaptée aux besoins de son enfant. Elle remarque même des variations au fil de la journée. « À la minute près, mon lait se modifie pour s’adapter à ses besoins. C'est un processus fascinant » conclut-elle. Elle considère que donner son lait est un moyen de transformer sa déception d'allaitement en un acte de partage et de générosité, pour guérir une part de culpabilité.







