Cette affaire soulève des questions sur le fonctionnement de la justice française.
Retour en 1997, où Karine naît dans un environnement familial des plus violents. Sa mère, Anne-Marie Jambu, avait déjà été condamnée pour un acte terrible : avoir assassiné son premier enfant avec plus d'une centaine de coups de couteau. Cette atroce réalité aurait dû suffire à alerter les autorités, mais malgré un premier signalement effectué à peine trois jours après la naissance de Karine, aucune action n’a été entreprise par les services sociaux.
Roland Blaudy : un prédateur accueilli par la famille
En 2002, alors que Karine n’a que cinq ans, ses parents accueillent Roland Blaudy, déjà condamné pour des faits de pédophilie. Il va s'installer chez eux et abuser de Karine jusqu'en 2005. Au procès de 2018, il a reconnu ses crimes, tandis que ses parents ont été jugés coupables d'avoir exercé des pressions sur leur fille pour qu'elle ne parle pas. Anne-Marie Jambu a reçu une peine de deux ans avec sursis, alors que son mari, Renée Jambu, a écopé de trois ans, dont six mois fermes. Roland Blaudy, quant à lui, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, une peine sévère pour des actes innommables.
Nous sommes en 2026, et le 12 mai, Blaudy est libéré sous conditions, après seulement quelques années de détention. Comment cela est-il possible ?
La réponse réside dans un mécanisme appelé confusion de peines. Cette procédure permet de fusionner plusieurs peines en une seule plus longue. En gros, lorsqu'un individu est condamné pour plusieurs infractions, la peine la plus sévère peut « absorber » les autres. Pour que cela fonctionne, il faut que les peines soient devenues définitives et que certaines conditions soient remplies.
Selon le Procureur de la République de Caen, Blaudy a satisfait à toutes les conditions : « Il a été incarcéré le 13 avril 2005 et a ensuite purgé une partie de sa peine. » En effet, la Cour d’Assises d’Ille-et-Vilaine a ordonné la **confusion de peines**, ce qui a ramené le début de sa peine à la date de son incarcération initiale. Malgré cela, la forme de libération de Blaudy reste largement contestée.
La question se pose alors : comment un juge a-t-il pu autoriser que Blaudy réside à Rennes, près du lieu de travail et du domicile de Karine, la victime ? Cela soulève des préoccupations légitimes concernant la sécurité de Karine, qui, même si elle est protégée par des restrictions, vit désormais dans la peur de croiser son ancien bourreau.
Laurence Brunet-Jambu, la mère adoptive de Karine, fustige cette situation : « Il n’y a pas de place pour les victimes. » Karine, maintenant adulte, oscille entre colère et tristesse. Elle a récemment lancé une pétition pour modifier la loi sur la confusion des peines, qui a déjà recueilli plus de 69 000 signatures. « Je suis forcée de vivre dans l’angoisse d’un possible croisement avec celui qui m’a détruite », déclare-t-elle, désespérée.
Signez la pétition ici.
À 73 ans, Roland Blaudy est désormais sous surveillance. Cette affaire remet en question les mesures de sécurité des victimes dans le système judiciaire français, un débat qui ne fait que commencer.
La lutte pour la justice continue.







